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Lettre ouverte de Fatiha Belgahri au Président Dominique Allan Michaud

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Dominique Allan Michaud, président-fondateur du Réseau mémoire de l’Environnement (RME), à Venise en 2014

Cher Président Dominique Allan Michaud,

Vous nous avez quittés ce 1er janvier 2019 ! Quel pied de nez vous nous avez fait ! Est-ce parce que la ville de Limoges vous a vu naître, qu’elle a voulu vous reprendre ? La Ville « Emeraude » comme vous l’appeliez dans un écrit littéraire, la Ville « Emeraude » où vit votre mère âgée de 94 ans, dans sa « Maison d’artiste ». Vous l’aviez rejointe pour ces fêtes de fin d’année 2018.Cher Dominique Allan Michaud, comment décrire ma peine car j’ai été votre très proche collaboratrice. Durant ces dix sept années quel travail immense et important été accompli !

Comment témoigner de vos enthousiasmes, de vos découragements face aux événements, et de vos contrariétés face à certains comportements !

Parce que vous étiez le spécialiste de l’écologie politique, vous ne pouviez que déranger ceux qui croyaient tout savoir… Je ne veux pas faire ici une encyclopédie de votre carrière car il suffira de taper votre nom sur Internet pour vous consulter.

Par ailleurs ne citons pas non plus ceux voulant réinventer l’histoire sans vous, ne se donnant pas la peine de l’approfondir, de l’étudier pour la connaître, ni de la comprendre. Ceux-là même qui oubliaient de vous citer. Ces fameux spécialistes de l’approximation et du détournement !

Il me semble que vous citer est la meilleure façon de vous rendre hommage.

Dans la Note de recherche présentée le 16 juin 1977 à l’Université de Bordeaux III « discours écologique et discours idéologiques » Dominique Allan Michaud dans son introduction posait la question : « Qu’est-ce que l’ECOLOGIE ? Que désigne-t-on par et sous ce terme, d’un usage généralisé dans de multiples discours après 1971 ? S’agit-il de qualifier un mode de contestation et/ou une mode, une science et/ou un discours sur une science, une composante nouvelle des discours politiques traditionnels et/ou un discours pouvant se substituer aux discours idéologiques traditionnels ?… »

Il concluait : « La science écologique, chargée d’étudier les rapports des organismes vivants avec leur milieu, a des implications politiques. Les applications politiques suggérées par le « discours écologique » montrent que celui-ci est devenu (dans les années 1970) un discours idéologique autonome sur la base de la phagocytose d’une science par l’idéologie anarchiste, et favorise un consensus électoral de plus en plus large à l’extrême-gauche des partis traditionnels d’opposition français. »

Autre discours • L’Avenir de la société alternative : Les idées 1968-1990…, Editions L’Harmattan, 1989, 2010.

Dominique Allan Michaud, né en 1948, a été chercheur en sociologie politique dans des UMR du CNRS (Université de Paris X puis Ecole Normale Supérieure). Spécialiste de l’écologisme auquel il consacra des recherches depuis 1974, expert du ministère en charge de l’environnement ; président-fondateur du Réseau Mémoire de l’Environnement (association déclarée en 2003) et président de Coopérations Natures Sociétés (2009) :

« Le RME s’efforce, modestement et de façon non exhaustive, d’aider à décrypter les représentations fautives, de résister aux simplifications exagérées comme aux croyances abusives. Une tâche difficile tant la société du spectacle avec sa guerre des egos domine plus que jamais. Pour cette tâche, il donnera le plus possible la parole à différents acteurs, à des chercheurs, journalistes, militants de diverses spécialités, sensibilités ou obédiences. »

Le Comité de parrainage du RME réunira une centaine de personnes pour soutenir l’idéologie du président. Voici un extrait d’un courrier de Simone Veil (2006) en réponse au président Dominique Allan Michaud : « J’ai bien reçu votre lettre du 19 octobre dernier m’invitant à rejoindre le Comité de parrainage du Réseau Mémoire pour l’environnement.. J’accepte très volontiers votre proposition de rejoindre le Comité de parrainage du RME et vous en remercie. »

Votre Manifeste pour le Futur, extrait : « appeler à constituer une mémoire vivante permettant d’appuyer les actions du présent pour construire un FUTUR viable, vivable. »

Votre site Web pour les dix ans : un site d’information-réflexion du Réseau Mémoire de l’Environnement dont la conception et l’animation a été confié à l’ami et secrétaire général du RME, Laurent Samuel. Dominique Allan Michaud l’aura nourri d’articles, de billets d’humeur, d’interviews filmées et autres documents informatifs.

Il a aussi eu l’idée d’interviewer des témoins de l’histoire écologique : Charlotte Paquet- Dumont (…et le RME, une histoire de mémoire par DAM), Gisèle Chaleyat (féministe et co- fondatrice du parti Les Verts), Philippe Saint-Marc (qualifié de pionnier de l’écologie, humaniste militant), Jean-Carlier (journaliste et militant pour la protection de la nature et de l’environnement). Ces témoins resteront vos témoins vivants … sur le site du RME.

Autre activité de Dominique Allan Michaud, les projections de films à thèmes environnementaux : « provoquer la réflexion et le débat ». La coopération avec le Centre d’animation Les Abbesses, le Musée du Vivant, le Félipe, le Ciné 220, l’association des Vétérans des Essais Nucléaires, Armes Nucléaires Stop (et d’autres) a suscité des débats autour de nombreux films. Et pour n’en citer que quelques uns : Gervoise Bleue (Pierre Leroy de l’AVEN), La voiture et le coquelicot (Agro-Paristech-Grignan), Aïgoual, La Forêt retrouvée (au Centre d’animation Les Abbesses), Soleil Vert (Ciné 220, Yves Frémion, politicien, écrivain et critique de bandes dessinées). Le président s’investissait sans compter pour toutes ces réalisations, invitant pour chaque débat plusieurs intervenants.

Mais, cher président, vous aviez aussi vos humeurs ! Billet d’humeur après des élections présidentielles en Autriche :

L’Autriche a élu deux fois un président écologiste (4/12/2016)

« Et pourtant il fallait bien reconnaître, et parfois c’était écrit timidement, le nouveau président, Alexander van der Bellen, avait dirigé pendant des années … la formation autrichienne des Verts. Et ceux-ci étaient précisément la formation qui avait soutenu sa candidature et organisé sa campagne. La surprise sans doute était telle que le commentaire peinait à la suivre, après avoir échoué à la précéder, du moins en France puisque beaucoup de sondages autrichiens l’avaient annoncée au départ. »

Cher président, merci à vous ! Je ne vous oublierai jamais, on ne vous oubliera jamais !

La motorisation de l’agriculture en France après 1945. L’exemple du tracteur

Pierre Vigreux, membre du Conseil d’administration du Réseau Mémoire de l’Environnement (RME), a publié dans La Revue Ferguson (hiver 2014) un article sur le rôle du tracteur dans l’évolution de l’agriculture depuis la Seconde Guerre mondiale.

Un texte dans lequel les préoccupations d’environnement ne sont pas absentes, et que nous sommes heureux de reproduire ci-dessous.

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Disparition de Simone Veil

Décédée le 30 juin 2017, Simone Veil était membre du comité de parrainage du RME. Nous publions ci-dessous deux lettres qu’elle avait envoyées à notre Président, Dominique Allan-Michaud.

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Simone Veil en 1984 – photo Rob C. Croes / Anefo — Nationaal Archief – Wikipedia

C’est avec beaucoup de tristesse que le RME a appris la disparition de  décédée le 30 juin 2017. Elle aurait eu bientôt 90 ans.

Femme de courage et de conviction, rescapée de la Shoah, cette juriste est surtout connue pour la fameuse loi sur l’interruption volontaire de grossesse auquel son nom est attaché (loi votée en novembre 1974 et promulguée en janvier 1975).

Parmi toutes les importantes fonctions qu’elle a eu à remplir, il en est une moins souvent citée : elle avait été présidente pendant plusieurs années du Comité français pour l’environnement. C’est à ce titre qu’elle intervenait au ministère de l’Ecologie, le 4 octobre 2006, parmi celles et ceux appelés à rendre hommage à Serge Antoine, dont le nom était donné à une salle de conférence. Le président du RME, Dominique Allan Michaud, intervint aussi au cours de cette journée pour saluer la mémoire de l’un des fondateurs du Réseau (et auteur de ses statuts) : un des derniers projets auxquels il a associé son nom. C’est pour le RME mais aussi en son nom personnel comme chercheur pour le ministère, devenu tel à la demande de Serge Antoine plus de 25 ans auparavant, qu’il intervenait.

A la suite de ce jour, Simone Veil allait accepter de rejoindre dans notre comité de parrainage, des personnalités qui elles aussi avaient agi avec Serge Antoine et qui d’ailleurs étaient là le 4 octobre 2006 (Philippe Saint-Marc, Roland Bechmann, Jacques Theys…) ; et d’autres qui dans leur action ont eu à le connaître et à l’apprécier (les anciens ministres Brice Lalonde, Corinne Lepage) ; et des journalistes parmi les anciens de cette aventure (Marc Ambroise-Rendu, Claude-Marie Vadrot).

Nous reproduisons ci-dessous la lettre d’acceptation de Simone Veil, simple et charmante. Et aussi un autre courrier fort courtois qu’en 2008 elle adressait au président du RME pour s’excuser de ne pouvoir participer à un travail de réflexion lancé par le Réseau, compte-tenu d’un autre travail de réflexion (sur la Constitution) que lui avait confié le président Sarkozy…

Une grande dame a disparu, dont le RME espère qu’elle rejoindra les « Grands Hommes » du Panthéon.

A sa famille et à ses amis, le RME fait part de sa profonde tristesse.

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Bonjour et adieu monsieur Bechmann

Roland Bechmann, fondateur de la revue Aménagement et Nature (créée en 1964), est mort le 25 janvier 2017. Dominique Allan-Michaud lui rend hommage au nom du RME.

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Un colloque sur la vie et l’oeuvre de Serge Moscovici les 16 et 17 mars 2017 à la Maison de l’Amérique Latine

Par la voix de son secrétaire général, Laurent Samuel, le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) sera présent à un colloque sur la vie et l’oeuvre de Serge Moscovici, qui a lieu les 16 et 17 mars 2017 à la Maison de l’Amérique Latine.

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Vous pouvez cliquer sur ce lien pour accéder au programme détaillé de ce colloque et vous y inscrire.

Le RME avait rendu hommage à Serge Moscovici et à un autre illustre pionnier de l’écologisme, Alexandre Grothendieck, peu après leur mort presque simultanée en novembre 2014, dans un texte que vous pouvez lire ou relire en cliquant ici.

Hommage à Alexandre Grothendieck et Serge Moscovici

Le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) salue la mémoire d’Alexandre Grothendieck et de Serge Moscovici.

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Par leurs écrits et leurs actions, ces deux précurseurs, qui viennent de mourir à deux jours de distance en ce mois de novembre 2014, ont joué un rôle très important, quoique souvent méconnu, dans les fondements de l’écologie politique en France.

Le RME adresse ses condoléances aux familles et aux proches de ces deux hommes exceptionnels.

Deux projections du film « Des cultures et des villes, vers l’agriculture urbaine »

Le Réseau Mémoire de l’Environnement organise deux projections du film de Jean-Hugues Berrou sur l’Agriculture en Ville.

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Présentation du Réseau Mémoire de l’Environnement dans « L’Ecologiste »

Le N° 42 de la revue L’Ecologiste (avril-mai-juin 2014) publie un article de présentation du Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) rédigé par notre Président, Dominique Allan-Michaud.

Voici ci-dessous le fac-similé de cet article. Pour vous procurer ce numéro ou, mieux, vous abonner à L’Ecologiste, cliquez ici sur le site de la revue.

 

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Projection-débat sur les débuts du mouvement anti-nucléaire en France le 17 mars à 19 h

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Le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) et le Centre d’Animation des Abbesses vous convient le lundi 17 mars 2014 à 19 heures à une projection-débat sur les débuts du mouvement anti-nucléaire en France.

Cette projection-débat aura lieu au Centre Les Abbesses, 10 passage des Abbesses – 75018 PARIS.
http://equipement.paris.fr/centre-d-animation-les-abbesses-1154

Yvonne Mignot-Lefebvre et Michel Lefebvre, fondateurs du collectif Vidéo 00, présenteront deux de leurs films : Bugey-cobayes (1971) et Flamanville-Erdeven : chroniques de la lutte antinucléaire (1975).

Entrée gratuite, sur réservation, en envoyant un email à
contactabbesses@yahoo.fr
Pour toute information complémentaire, contactez Philippe DELACROIX au 06 19 21 54 83

Bugey-cobayes

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Les 10 et 11 juillet 1971, une marche pacifique face à la centrale nucléaire du Bugey, dans l’Ain, avait réuni 15 000 à 20 000 personnes. Le groupe Vidéo 00 était présent et a filmé ces deux journées exceptionnelles. Un témoignage unique. A notre connaissance, ce sont les seules images filmiques disponibles. Et notons les interviews de Jean Pignero, de Pierre Fournier et de Alexandre Grothendieck, l’étrange assemblage aux origines du mouvement antinucléaire français.

Bugey marque le décollage en France de la contestation contre l’ « atome pacifique » et, au-delà, selon la formule de Fournier, « le coup d’envoi de la révolution écologique ».

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Bugey, manifestation du 10 juillet 1971 – Photo Christian Weiss

Flamanville-Erdeven : chroniques de la lutte antinucléaire

Ce film réalisé par Vidéo 00 et les Cents fleurs introduit une dimension comparative entre deux sites choisis par EDF : Flamanville dans le Cotentin et Erdeven en Bretagne. Dans les deux cas, des comités se sont constitués pour s’opposer au projet de centrale nucléaire et défendre une certaine idée du bonheur qui ne se réduirait pas à l’augmentation continue du nombre de kw/heures.

Mais il existe dans les deux situations une grosse différence qui renvoie à la sociologie. À Flamanville, la population est majoritairement ouvrière et les usines commencent à fermer ; celle d’Erdeven, composée d’agriculteurs et de pêcheurs, est fortement attachée à son terroir et à la culture bretonne. Les résultats des deux référendums vont refléter ces réalités. Pour les ouvriers de Flamanville, la centrale c’est du travail assuré pour plusieurs années. Ce sera OUI. Pour les paysans d’Erdeven, c’est le reflux prévisible des touristes et la menace d’une catastrophe écologique majeure. Ce sera NON.

La dernière partie présente, de l’extérieur, le centre de retraitement des déchets radioactifs de La Hague (notons que la CFDT a refusé de participer au tournage, les positions de la direction du syndicat n’étant pas encore fermement établies). Les témoignages de quelques techniciens évoquent le problème des doses quotidiennes et celui de la surveillance de ces déchets pouvant aller de quelques années à plusieurs dizaines de milliers d’années.

Flamanville… nous en connaissons les suites. Erdeven… aucune centrale n’a pu être construite.

La richesse des formes d’action, que l’on retrouve aujourd’hui dans toutes les grandes luttes écologiques est frappante : information des citoyens documentée et rigoureuse, fêtes, comités scientifiques actifs, liens avec la presse écologique, exigence de referendums, relations avec les mouvements sociaux et avec les organisations professionnelles…

Extraits d’un texte de Laurent Samuel (présent à Bugey 01)

Fin mai, Pierre Fournier lance dans « Charlie Hebdo » un appel pour un rassemblement, fixé au 10 juillet suivant, contre le réacteur de Saint-Vulbas. Une manif baptisée « Bugey 01.

Dessinateur de grand talent, Fournier réalise aussi l’affiche de « la grande fête populaire, face à l’usine atomique ». Il y cite les statistiques du physicien américain Ernest Sternglass, concluant à un accroissement des leucémies autour des réacteurs nucléaires américains.

Le rassemblement du Bugey est soutenu par l’APRI, ainsi que par deux organisations fondées l’une et l’autre, à quelques jours de distance, en juillet 1970 : Survivre et les Amis de la Terre. Créés par le journaliste Alain Hervé, les Amis de la Terre sont la « branche » française de Friends of The Earth, mouvement lancé en 1969 aux Etats-Unis par David Brower. Quant au groupe Survivre, il a été fondé par le mathématicien Alexandre Grothendieck. Au départ, Survivre est issu des réflexions de Grothendieck et de deux de ses collègues matheux, Roger Godement et Claude Chevalley, contre la militarisation de la recherche scientifique.

Mais, malgré les efforts de Fournier et de Grothendieck, seuls quelques scientifiques soutiennent le rassemblement du Bugey. En dehors des mathématiciens de Survivre, le Pr Etienne Wolff du collège de France, le naturaliste Théodore Monod, le biologiste Philippe Lebreton, et Jean Rostand sont parmi les rares à s’engager. Il est frappant de noter qu’aucun physicien nucléaire connu ne participe au mouvement !

« Bugey 01 » se révèle un grand succès, avec 12 000 à 15 000 participants selon la presse et la télévision. La météo est au beau fixe et de nombreux manifestants se baignent nus, donnant au rassemblement des airs de Woodstock français. Après une marche de 7 à 8 km « sous un soleil assassin » (selon la formule de Cavanna).

Dès le lendemain, une réunion antinucléaire rassemble une cinquantaine de participants, dont Jean Pignero, Alexandre Grothendieck, Esther Peter-Davis, Jean-Jacques Rettig et Désiré Mérien. La présence de cet animateur du groupe Nature et Vie illustre la présence des adeptes des médecines naturelles et de l’alimentation biologique (sujet alors aussi tabou que la pollution radioactive) dans la constitution du mouvement antinucléaire.

Ciné-débat autour du film « RAS-Nucléaire, rien à signaler » le 17 octobre 2013 à Brétigny

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