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Projection de « Aigoual, la forêt retrouvée » le 5 juin 2012 à Brétigny

Présidentielle 2012 : plus de 37 % pour l’écologiste au 2e tour !

par Dominique ALLAN MICHAUD

« Eva Joly disparaît des radars de la présidentielle, l’écologie aussi » : ainsi titrait Le Monde des 29/30 janvier 2012 en première page. Les raisons avancées ? La crise économique, la personnalité de la candidate des Verts, et même le mécontentement des Français après la promesse non tenue de centaines de milliers d’emplois du Grenelle de l’environnement. On ne voit pas très bien le rapport, surtout dans le dernier cas (à moins de confondre Eva Joly avec Jean-Louis Borloo ?), après l’évidence (supposée) de la prise de conscience dictée par une crise écologique doublée d’une crise sociale et économique. Dans d’autres journaux, la personnalisation de la politique fait incriminer l’ancienne magistrate en lui reprochant son accent, ses lunettes, ses habits… Le souvenir semble s’être perdu d’une autre élection présidentielle où le candidat des Verts Antoine Waechter fut moqué tant et plus… jusqu’à un résultat inattendu (du moins pour les moqueurs).

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Les Français craindraient-ils que l’écologie, ou plutôt l’écologisme, conduise à la remise en cause de la société de consommation ? Diverses explications sont envisageables bien que non envisagées par les moyens d’information. Faut-il insister sur le fait que ces derniers présentent quasiment en permanence des preuves de la crise écologique (ce qui était autrefois la raison d’être de la presse militante) ? Il pourrait y avoir un effet de saturation, risque que nous évoquions déjà en 1979 dans Le Discours écologique. Ensuite on pourrait se demander si une cause de fluctuation de l’opinion ne pourrait avoir parmi ses origines la confusion qui règne dans le discours entre conservationnisme, environnementalisme, écologie et écologisme. Qui explique de quoi il s’agit ? Pas même les Verts, et d’ailleurs le discours écologique lui-même a pu être fluctuant selon les époques, selon les circonstances : forcément moins riche dans un débat électoral largement tributaire des choix des autres partis. Pourtant la présence écologiste dans une campagne présidentielle ne vise pas réellement à l’élection, elle impose plutôt le témoignage et la pression. En fait la pression joue dans les deux sens, au détriment de l’écologisme.

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Serait-ce la fin de la mode écologiste ? Il y a déjà eu dans le passé de grandes périodes de mode écologiste : à la fin des années 60, des années 70, des années 80, des années 90. Toujours la mode est retombée, et l’écologisme a été renvoyé au cimetière des illusions perdues. La dernière mode, de la fin du 20ème siècle au début du 21ème siècle, a été jusqu’ici la plus longue. Certains la jugeaient « définitive » étant donné l’accélération et l’aggravation de la crise écologique, du fait notamment du changement climatique. Ne faut-il pas envisager l’hypothèse d’un amoindrissement voire d’une nouvelle fin pour la nouvelle mode, au lieu d’une prise de conscience ?
Le sentiment que l’écologisme « disparaît des radars de la présidentielle » est surtout basé sur le risque d’un résultat inférieur à 5 % des voix, comme il semble dans quelques sondages ; mais dans le système électoral 5 % des inscrits ne font pas 5 % des exprimés, le résultat en pourcentage étant en fait conditionné par le pourcentage des abstentions. Cela rend difficile toute prévision s’agissant du petit pourcentage d’un petit parti lequel peut selon l’importance de l’abstention, avoir 5 % ou 10 % des exprimés… avec le même nombre de votants. Il paraît banal de le répéter, mais un sondage n’est pas une élection (surtout quand on ignore les conditions du magique « redressement », avec la marge d’erreur d’autant plus grande que l’échantillon est petit).

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Ce n’est pas encore forcément la fin de la mode écologiste. Un chiffre frappant le fait penser, qui tranche sur les sondages précédemment évoqués : plus de 18 % pour l’écologiste qui, en deuxième position au premier tour, le sera encore au deuxième tour. Une remarque toutefois : ce n’est pas en France. Une autre remarque : ce n’est pas un sondage. C’est en Finlande que le candidat Vert sera au second tour de l’élection présidentielle, le 5 février 2012, ayant obtenu 18,8 % des suffrages au premier tour, le 22 janvier dernier, derrière le candidat conservateur (37 % des voix). Autre résultat marquant de ce scrutin, le candidat populiste, « eurosceptique » et « anti-immigrés » comme on dit, du Parti des Finlandais, n’a obtenu que 9,4 % des voix contre 19,1 % aux législatives d’avril 2011. Curieusement cette information n’a guère été diffusée : on pouvait la trouver dans les dix lignes publiées par Le Monde daté du 24 janvier 2012 en bas de sa page 6. Que ceux qui l’auraient trouvée ailleurs le signalent. Heureusement les médias frappés par l’intérêt de ce double résultat, de l’écologisme et de l’extrême droite, alors qu’ils ne cessent de nous parler de la faiblesse du premier et de la force grandissante de la seconde, ont sans doute dépêché en Finlande leurs meilleurs envoyés spéciaux afin d’éclairer les Français sur cette anomalie avant la présidentielle.

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Curieusement, ce peu d’importance accordé au résultat avait pourtant été précédé par un article plus long du Monde, dans son édition daté du 21 janvier. Signé Olivier Truc, apparemment le correspondant du journal à Stockholm, l’article insistait sur l’importance de ce « pays modèle » dans l’Union européenne, et sur son refus de contribuer au Fonds européen de stabilité financière (FESF) au-delà des 14 milliards d’euros prévus. En Finlande où « la crise de la zone euro aura largement dominé le débat », l’écologisme n’en a pas souffert.

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Revenons en France. Et répétons le titre déjà cité : « Eva Joly disparaît des radars de la présidentielle, l’écologie aussi. » Apparemment l’écologie, ou mieux l’écologisme, disparaît aussi des « radars » médiatiques dans le cas d’un succès qui est le premier au monde de ce genre pour un parti Vert : être au second tour d’une élection présidentielle.

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Une question se pose : les « radars » fonctionnent-ils bien ?

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(31 janvier 2012) SUITE (ET FIN ?) :

PLUS DE 37 % AU 2e TOUR

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Le 5 février 2012, les faits ont parlé : le candidat écologiste a obtenu 37,4 % des suffrages au second tour de l’élection présidentielle en Finlande. Il venait en deuxième position derrière le candidat conservateur élu avec 62,6 % des voix, Sauli Niinistö. Ce n’est pas une surprise, car nul ne s’attendait à voir sortir des urnes un président de la République Vert. La victoire écologiste, c’est ici le résultat du premier tour, l’accession au second tour, le pourcentage final : tous évènements inattendus.Comment les médias en ont-ils rendu compte, après les dépêches de l’AFP et de Reuters ? Presque aussi discrètement après le second tour qu’après le premier : un écho moins petit dans Le Monde, un article illustré d’une photographie dans Le Figaro, les deux en bas de page inférieure (7 et 6 février 2012). Les titres évoquent le succès du conservateur pour le premier, l’insuccès du populisme pour le second. Contrairement aux habitudes, les résultats du candidat en seconde position ne sont pas indiqués. Ces estimables quotidiens sont à la pointe de l’information, avec Arte journal et une brève annonce le 7 février à 19 h 45. Ailleurs on cherche sans rien trouver de notable, sauf sur Internet où on trouve de tout à profusion, y compris sur les élections en Finlande : un écho sur lepoint.fr par exemple, signalant «peu de différences» entre les deux candidats. Un énorme dossier sur la présidentielle de 2012, malheureusement dans ce qui semble une traduction approximative, est sur Wikipédia (avec les réserves d’usage). Les candidats à l’élection y sont présentés, dont Pekka Haavisto, parlementaire et ancien ministre de l’Environnement, ils le sont aussi dans un petit dossier bien fait sur electionseneurope.net.Bien sûr la Finlande c’est loin. Et son candidat Vert paraît bien loin d’Eva Joly, à en croire Le Figaro lequel veut prouver qu’il n’est pas « fondamentaliste » : « Durant la campagne, il n’a pas proposé de fermer les usines nucléaires, notamment la centrale de type EPR que construit l’industrie française (…). » Ce n’est pas impossible : outre le fait qu’on ne peut «fermer» une centrale qui ne fonctionne pas, et dont on se demande quand elle fonctionnera, du fait de retards multiples et de dépassements financiers démesurés (en milliards d’euros), ce ne serait pas de la responsabilité du président de la République de Finlande. Ce président paraît en effet loin de celui de la France quand on lit Le Monde : « En Finlande, le président a toutefois de moins en moins de pouvoir et son rôle ne concerne a priori que la politique étrangère, de préférence non européenne. » (Pourquoi « a priori » et « de préférence » ? A noter, que l’idée s’est exprimée dans la campagne électorale d’un renversement de la tendance à réduire le rôle présidentiel, mais qu’elle est restée minoritaire.)

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De toute façon la Finlande c’est loin. Revenons donc en France, et dans le passé, pour répondre à la demande de précisions de certains sur le « souvenir (perdu) d’une autre élection présidentielle » et sur son éventuel rapport avec le présent. Le Nouvel Observateur pose la question : « Eva Joly : Inexistante ? » (2 février 2012). Cela rappelle le « candidat non avenu » à la présidentielle de 1988, selon Le Canard enchaîné (17 février 1988), lequel le traitera plus tard de « Waechter minus ». Même la presse contestataire ne lui fit pas de cadeau, et dans Ecologie-Infos Cavanna, après avoir invité à voter Waechter, lui reprochera d’avoir « oublié le message en route », et d’avoir « tellement peur d’effrayer l’électeur moyen en lui parlant trop d’écologie qu’il ne lui en parle pas du tout » (mars 1988). Il est vrai que d’autres ne le jugeaient bon qu’à parler de nature. Accusé d’avoir le charisme d’une huître, ce porte-parole des Verts était présenté comme le négatif du populaire et médiatique Pierre Juquin, autre candidat que la presse vouait sur de pleines pages au plus grand succès : il allait obtenir 639 084 voix contre 1 149 642 à Antoine Waechter apparaissant soudain comme un pur génie politique.

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Ce n’est pas pour consoler Eva Joly, qui n’en entend pas tant et qui ne s’en sortira peut-être pas aussi bien (mais sait-on jamais ?) ; ni pour conseiller la prudence aux médias, ou à qui ce se soit. Chacun est bien libre de critiquer comme il l’entend un(e) candidat(e) écologiste, et d’ailleurs nul ne s’en prive. A tout prendre c’est peut-être moins grave qu’une pédante controverse sur « le recul actuel de l’hégémonie culturelle » de l’écologisme (Politis, 2 février 2012), car on ne voit pas quel recul pourrait connaître une hégémonie qui n’a jamais existé. A dire le vrai n’importe quel(e) candidat(e) souvent déplaît, comme si l’on attendait de l’écologiste une sorte de perfection. Et un autre phénomène se constate sur une période longue: c’est que les écologistes semblent considérés comme une espèce menacée. Remontons encore dans le passé avec quelques formules prises de-ci de-là. Le Nouvel Observateur, 2 janvier 1987 : « les écologistes ont disparu » ; Le Monde en mars 1986 : c’est « la plongée des écolos » ; Libération du 2 août 1978    sonnait le glas : c’était déjà le « véritable enterrement » de l’écologisme.

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L’ECOLOGISME ET LA PLANETE

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D’enterrement en enterrement, l’écologisme n’a cessé de mieux se porter : il est vrai que c’est le contraire de la planète. Peut-être qu’à force le « médecin » au chevet de celle-ci finit par irriter autant que la « maladie », avec un diagnostic et des remèdes pas forcément agréables. Sans doute le syndicalisme de l’environnement que représentent les associations, irrite-t-il moins que le parti politique qui en est issu. Ce dernier doit affronter d’autres « médecins »    qui    interprètent    autrement    certains    « symptômes »,   pointent    d’autres « maladies », défendent d’autres « traitements », dans un système électoral peu favorable aux petits partis en l’absence de proportionnelle, et dans un système de discours peu favorable au discours écologique (en partie scientifique).

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L’écologisme, historiquement venu le dernier et le plus tard en politique, paraît probablement encore un «accident» à nombre d’acteurs et d’observateurs (dont les journalistes ne sont que la partie la plus visible et donc la plus exposée aux critiques) ; et beaucoup s’attendent plus ou moins consciemment à ce que cette curiosité disparaisse un jour ou l’autre comme un épiphénomène, une fois les idées de l’écologisme intégrées, voire certains militants absorbés, par des partis traditionnels. Mais cet enterrement attendu n’est pas arrivé encore, et il n’est pas sûr qu’il arrive. Il y aura encore des poussées de « fièvre » écologiste, comme il y aura encore des rémissions, puis encore des rechutes : c’est aussi le jeu électoral, dont les résultats peuvent différer selon l’époque et le lieu. Mais dans l’attente de l’enterrement pourrait bien demeurer sous-jacent le sentiment que l’écologisme reste une anomalie, comme le fait entendre une formule prêtée au candidat Vert de Finlande : « Ce n’est pas mon homosexualité qui pose problème (…) mais mon appartenance au parti écologiste. »

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Dominique ALLAN MICHAUD
(7 février 2012)
Dominique ALLAN MICHAUD, président-fondateur du Réseau Mémoire de l’Environnement, est chercheur en sociologie politique (CNRS/ENS). Son ouvrage sur l’écologisme, L’Avenir de la société alternative, est réédité en e-book (éditions L’Harmattan, 2010).

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Les projections-débats du RME avec ses partenaires : le calendrier 2011. Cinq films et 7 projections

. 23 mai et 7 juin : Aigoual, la Forêt Retrouvée

68 millions d’arbres plantés. Après 35 ans d’efforts passionnés, de défis climatiques, scientifiques et humains, l’Aigoual, un sommet des Cévennes a retrouvé son couvert forestier : celui-ci figure parmi les plus belles forêts françaises, alors que c’était devenu en 1860 un gros caillou où rien ne poussait. C’était le résultat d’une déforestation entrainée par des activités économiques, comme en maints autres lieux et autres temps. L’Aigoual allait être sauvé par deux hommes, le forestier Georges FABRE et le botaniste Charles FLAHAULT.

Toute une région pour faire un film. Aigoual La Forêt retrouvée a demandé trois années de travail. Le réalisateur Marc KHANNE avait auparavant réalisé un documentaire sur la catastrophe industrielle de l’usine AZF de Toulouse, Ce Jour là (2002). Il voulait « faire un film avant qu’il y ait une autre catastrophe, une réflexion sur l’environnement qui soit avant tout positive ». C’est avec la participation bénévole de la population et l’appui de deux associations locales au côté de comédiens professionnels qu’il a fait un des films français les plus remarqués de 2007, produit par ARTIS, film qui n’a pas cessé d’être projeté depuis. « Excellent » et « visionné avec grand intérêt », a dit Hubert REEVES.

Un film présenté par le Réseau Mémoire de l’Environnement. Le RME entend faire comprendre que l’environnement ne se confond pas avec la mode d’une époque, même si celle-ci est marquée par la crise écologique. Le film choisi est particulièrement représentatif d’une vision pédagogique, de plusieurs manières. Il raconte une grande aventure humaine ; celle-ci étant une réussite, il présente une vision positive de la lutte pour l’environnement. Parce que l’action se situe à la fin du 19ème siècle, il raconte un moment important de l’Histoire, et fait entendre qu’il ne s’agit pas d’une lutte nouvelle : c’est un moment des politiques environnementales activées par des hommes et des sociétés.

Le RME et le Collectif CNS ont présenté ce film en 2011, le 23 mai et le 27 juin (version longue et version courte), avec le Centre d’animation Les Abbesses dans sa salle de projection, ainsi que deux autres films récents, produits par le Musée du Vivant à l’AgroParisTech : De l’Arbre (tourné au Maroc) et De la Biodiversité (tourné en Guyane).

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. 6 et 15 juin : Arbres

Un Grand prix attribué dans quatre festivals, en France et à l’étranger, de 2002 à 2007 : Arbres est un film exceptionnel, véritable « philosophie de l’arbre », en même temps qu’ « anthologie des arbres » , autour du plus vieil arbre de la Terre : un pin âgé de 5 000 ans. De merveilleuses images de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil, un texte surprenant d’après des idées du spécialiste Francis Hallé, servi par la voix de Michel Bouquet. « Le film nous raconte une histoire de l’arbre et des arbres, depuis les origines. C’est un voyage à travers le monde, un parcours dans un espace et un temps où l’on rencontre des arbres qui communiquent, des arbres qui marchent, des arbres timides ou des arbres fous. Arbres se situe dans un entre-deux où le savoir scientifique devient conte par la magie du cinématographe. »

Une projection organisée par le Réseau Mémoire de l’Environnement et le Collectif Coopérations Natures Sociétés avec leurs partenaires : Institut de Recherche pour le Développement, Musée du Vivant à l’AgroParisTech, Centre d’animation Les Abbesses, Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie, Ciné220.

Les dates :

►lundi 6 juin 2011, 19 heures, Centre d’animation Les Abbesses, 15 passage des Abbesses, 75018 Paris. Métro : Abbesses ou Pigalle. Entrée gratuite sur invitation (réservation : contactabbesses@yahoo.fr ). [Avec en seconde partie un film sur la Guyane, de Jean-Hugues Berrou : De la Biodiversité, 2007, une production du Musée du Vivant à l’AgroParisTech.]

►mercredi 15 juin 2011, 20 heures, Ciné220, 3 rue Anatole France, 91220 Brétigny sur Orge. Tarif réduit : 3,80 € pour les membres des associations parternaires.

Un débat animé par Dominique Allan Michaud, politologue, Centre de Biogéographie-Ecologie (CNRS/ENS), et Gérard Sournia, géographe, ancien directeur de l’Union mondiale pour la Nature (UICN France).

Un anniversaire : Les 40 ans de CNS. Le mouvement lancé en octobre 1971 par Roland Lympius a connu une vie associative intense dans l’Essonne, avec la diffusion d’une presse militante, et la création d’une coopérative de vente de produits de l’agriculture biologique (Coop’Nat). Ce mouvement a fini par sortir des limites locales en devenant un collectif d’associations régionales, nationales et internationales, qui intervient dans le débat public sur l’environnement, apporte des informations, suscite des interactions par tous les moyens appropriés.

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15 octobre : Aigoual, la Forêt Retrouvée

Samedi 15 octobre à 19 h 30 : présentation du film Aigoual, la Forêt Retrouvée au Festival du livre et de la presse d’écologie.

68 millions d’arbres plantés. Après 35 ans d’efforts passionnés, de défis climatiques, scientifiques et humains, l’Aigoual, un sommet des Cévennes a retrouvé son couvert forestier : celui-ci figure parmi les plus belles forêts françaises, alors que c’était devenu en 1860 un gros caillou où rien ne poussait. C’était le résultat d’une déforestation entrainée par des activités économiques, comme en maints autres lieux et autres temps. L’Aigoual allait être sauvé par deux hommes, le forestier Georges FABRE et le botaniste Charles FLAHAULT.

Toute une région pour faire un film. Aigoual La Forêt retrouvée a demandé trois années de travail. Le réalisateur Marc KHANNE avait auparavant réalisé un documentaire sur la catastrophe industrielle de l’usine AZF de Toulouse, Ce Jour là (2002). Il voulait « faire un film avant qu’il y ait une autre catastrophe, une réflexion sur l’environnement qui soit avant tout positive ». C’est avec la participation bénévole de la population et l’appui de deux associations locales au côté de comédiens professionnels qu’il a fait un des films français les plus remarqués de 2007, produit par ARTIS, film qui n’a pas cessé d’être projeté depuis. « Excellent » et « visionné avec grand intérêt », a dit Hubert REEVES.

Un film présenté par le Réseau Mémoire de l’Environnement. Le RME entend faire comprendre que l’environnement ne se confond pas avec la mode d’une époque, même si celle-ci est marquée par la crise écologique. Le film choisi est particulièrement représentatif d’une vision pédagogique, de plusieurs manières. Il raconte une grande aventure humaine ; celle-ci étant une réussite, il présente une vision positive de la lutte pour l’environnement. Parce que l’action se situe à la fin du 19ème siècle, il raconte un moment important de l’Histoire, et fait entendre qu’il ne s’agit pas d’une lutte nouvelle : c’est un moment des politiques environnementales activées par des hommes et des sociétés.

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20 octobre : Indes, Où sont les déchets ?

Un film de Laurent Gervereau et Othello Vilgard

Les INDES, ce pluriel s’imposait : Indes anglaises, portugaises, française. Cette péninsule de l’Asie méridionale, divisée par le Gange en deux grandes régions, comprend les types ethnologiques et religieux les plus divers. L’Inde est toujours plurielle. Ce FILM étonnant, entre document et art, réflexion philosophique et questions écologiques, est une traversée de l’Inde des légendes et des réalités, de Bollywood et des bidonvilles, des vaches sacrées et des déchets de la société de consommation. Où sont les déchets en est le titre. Sont-ils matériels ou sociaux ? Au pays des parcs nationaux et des expériences de biocultures, se rencontre aussi bien la nécessité d’un développement de transformation avec le recyclage, que le problème d’une survie de conservatisme avec les castes. C’est la DECOUVERTE de la situation unique des « adivasis » : des populations aborigènes considérées traditionnellement comme inférieures aux Intouchables, et même pratiquement comme n’ayant pas d’existence. Une INDE comme on ne l’a jamais vue sur un écran, un film de 2010 en AVANT-PREMIERE dans les circuits commerciaux.

Une PROJECTION ORGANISEE par le Collectif Coopérations Natures Sociétés avec l’appui de ses partenaires. Un film produit pour l’opération Utopies & Innovations par la Métropole Rhin-Rhône.

Une PRESENTATION et un DÉBAT avec le réalisateur Othello VILGARD et Dominique ALLAN MICHAUD, politologue (CNRS/ENS), président du Collectif Coopérations Natures Sociétés.

Jeudi 20 octobre 2011, 20 h 00, Ciné220, 3 rue Anatole France, 91220 Brétigny-sur-Orge. Entrée gratuite.

Un ANNIVERSAIRE : Les 40 ans de CNS. Le mouvement lancé en octobre 1971 par Roland LYMPIUS a connu une vie associative intense dans l’Essonne, avec la création d’une presse militante, et la mise en place d’une coopérative de vente de produits de l’agriculture biologique (Coop’Nat). Ce mouvement a fini par sortir des limites locales en devenant un collectif d’associations régionales, nationales et internationales qui intervient dans le débat public sur l’environnement, apporte des informations, suscite des interactions par tous les moyens appropriés.

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28 novembre : Indes, Où vont les déchets ?

Un film de Laurent Gervereau et Othello Vilgard

Les INDES, ce pluriel s’imposait : Indes anglaises, portugaises, française. Cette péninsule de l’Asie méridionale, divisée par le Gange en deux grandes régions, comprend les types ethnologiques et religieux les plus divers. L’Inde est toujours plurielle. Ce FILM étonnant, entre document et art, réflexion philosophique et questions écologiques, est une traversée de l’Inde des légendes et des réalités, de Bollywood et des bidonvilles, des vaches sacrées et des déchets de la société de consommation. Où sont les déchets en est le titre. Sont-ils matériels ou sociaux ? Au pays des parcs nationaux et des expériences de biocultures, se rencontre aussi bien la nécessité d’un développement de transformation avec le recyclage, que le problème d’une survie de conservatisme avec les castes. C’est la DECOUVERTE de la situation unique des « adivasis » : des populations aborigènes considérées traditionnellement comme inférieures aux Intouchables, et même pratiquement comme n’ayant pas d’existence. Une INDE comme on ne l’a jamais vue sur un écran, un film de 2010 en AVANT-PREMIERE dans les circuits commerciaux.

Une PROJECTION ORGANISEE par le Collectif Coopérations Natures Sociétés avec l’appui de ses partenaires. Un film produit pour l’opération Utopies & Innovations par la Métropole Rhin-Rhône.

Une PRESENTATION et un DÉBAT avec le réalisateur Othello VILGARD et Dominique ALLAN MICHAUD, politologue (CNRS/ENS), président du Collectif Coopérations Natures Sociétés.

Lundi 28 novembre 2011, 19 heures, Centre d’animation Les Abbesses, 15 passage des Abbesses, 75018 PARIS. Métro : Abbesses ou Pigalle. Entrée gratuite (réservation : contactabbesses@yahoo.fr ).

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Les partenaires du RME

Projections du film « Indes, Où sont les déchets ? »


UTOPIES & INNOVATIONS

20 octobre 2011 : CINE-DEBAT GRATUIT

Indes, Où sont les déchets ?

Film de Laurent Gervereau et Othello Vilgard

Les INDES, ce pluriel s’imposait : Indes anglaises, portugaises, française. Cette péninsule de l’Asie méridionale, divisée par le Gange en deux grandes régions, comprend les types ethnologiques et religieux les plus divers. L’Inde est toujours plurielle. Ce FILM étonnant, entre document et art, réflexion philosophique et questions écologiques, est une traversée de l’Inde des légendes et des réalités, de Bollywood et des bidonvilles, des vaches sacrées et des déchets de la société de consommation. Où sont les déchets en est le titre. Sont-ils matériels ou sociaux ? Au pays des parcs nationaux et des expériences de biocultures, se rencontre aussi bien la nécessité d’un développement de transformation avec le recyclage, que le problème d’une survie de conservatisme avec les castes. C’est la DECOUVERTE de la situation unique des « adivasis » : des populations aborigènes considérées traditionnellement comme inférieures aux Intouchables, et même pratiquement comme n’ayant pas d’existence. Une INDE comme on ne l’a jamais vue sur un écran, un film de 2010 en AVANT-PREMIERE dans les circuits commerciaux.

Une PROJECTION ORGANISEE par le Collectif Coopérations Natures Sociétés avec l’appui de ses partenaires. Un film produit pour l’opération Utopies & Innovations par la Métropole Rhin-Rhône.

Une PRESENTATION et un DÉBAT avec le réalisateur Othello VILGARD et Dominique ALLAN MICHAUD, politologue (CNRS/ENS), président du Collectif Coopérations Natures Sociétés.

Les DATES : ► jeudi 20 octobre 2011, 20 h 00, Ciné220, 3 rue Anatole France, 91220 Brétigny-sur-Orge. Entrée gratuite.

► lundi 28 novembre 2011, 19 heures (à confirmer), Centre d’animation Les Abbesses, 15 passage des Abbesses, 75018 PARIS. Métro : Abbesses ou Pigalle. Entrée gratuite (réservation : contactabbesses@yahoo.fr ).

Un ANNIVERSAIRE : Les 40 ans de CNS. Le mouvement lancé en octobre 1971 par Roland LYMPIUS a connu une vie associative intense dans l’Essonne, avec la création d’une presse militante, et la mise en place d’une coopérative de vente de produits de l’agriculture biologique (Coop’Nat). Ce mouvement a fini par sortir des limites locales en devenant un collectif d’associations régionales, nationales et internationales qui intervient dans le débat public sur l’environnement, apporte des informations, suscite des interactions par tous les moyens appropriés.

2011 40e ANNIVERSAIRE DE

Projection du film « Aigoual : La Forêt retrouvée » le 15 octobre 2011 au Festival du livre et de la presse d’écologie

 

15 octobre 2011 (19 h 30) : Présentation de film
au Festival du livre et de la presse d’écologie
La Bellevilloise 19-21 rue Boyer 75020 Paris M° Gambetta/Belleville


68 millions d’arbres plantés. Après 35 ans d’efforts passionnés, de défis climatiques, scientifiques et humains, l’Aigoual, un sommet des Cévennes a retrouvé son couvert forestier : celui-ci figure parmi les plus belles forêts françaises, alors que c’était devenu en 1860 un gros caillou où rien ne poussait. C’était le résultat d’une déforestation entrainée par des activités économiques, comme en maints autres lieux et autres temps. L’Aigoual allait être sauvé par deux hommes, le forestier Georges FABRE et le botaniste Charles FLAHAULT.

Toute une région pour faire un film. Aigoual La Forêt retrouvée a demandé trois années de travail. Le réalisateur Marc KHANNE avait auparavant réalisé un documentaire sur la catastrophe industrielle de l’usine AZF de Toulouse, Ce Jour là (2002). Il voulait « faire un film avant qu’il y ait une autre catastrophe, une réflexion sur l’environnement qui soit avant tout positive ». C’est avec la participation bénévole de la population et l’appui de deux associations locales au côté de comédiens professionnels qu’il a fait un des films français les plus remarqués de 2007, produit par ARTIS, film qui n’a pas cessé d’être projeté depuis. « Excellent » et « visionné avec grand intérêt », a dit Hubert REEVES.

Un film présenté par le Réseau Mémoire de l’Environnement. Le RME entend faire comprendre que l’environnement ne se confond pas avec la mode d’une époque, même si celle-ci est marquée par la crise écologique. Le film choisi est particulièrement représentatif d’une vision pédagogique, de plusieurs manières. Il raconte une grande aventure humaine ; celle-ci étant une réussite, il présente une vision positive de la lutte pour l’environnement. Parce que l’action se situe à la fin du 19ème siècle, il raconte un moment important de l’Histoire, et fait entendre qu’il ne s’agit pas d’une lutte nouvelle : c’est un moment des politiques environnementales activées par des hommes et des sociétés.

Plusieurs projections en 2011. Le RME et le Collectif CNS ont présenté ce film en 2011, le 23 mai et le 27 juin (version longue et version courte), avec le Centre d’animation Les Abbesses dans sa salle de projection, ainsi que deux autres films récents, produits par le Musée du Vivant à l’AgroParisTech : De l’Arbre (tourné au Maroc) et De la Biodiversité (tourné en Guyane).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 9e Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie, les 15 et 16 octobre à La Bellevilloise

Le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) est partenaire du Festival du Livre et de la Presse d’Ecologie (FELIPE), qui tient sa 9e édition les 15 et 16 octobre 2011 à La Bellevilloise.

Ci-dessous, la présentation du Festival.

 

Mémoires visuelles de l’environnement : entretien avec Jean Carlier (extrait)

Le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) a initié la réalisation de films-témoignages avec des « grands témoins » et des « grands acteurs » de l’histoire de l’écologie et de l’écologisme, et des politiques officielles de l’environnement.

Voici un extrait d’un entretien avec Jean CARLIER, le 21 juillet 2009. Entretien réalisé sous la direction de Dominique ALLAN-MICHAUD (Réseau Mémoire de l’Environnement). Images et montage : Emmanuel CHIRACHE. Une co-production Réseau Mémoire de l’Environnement et Musée du Vivant AgroParisTech.

Retrouvez la suite de cette vidéo sur EcolibTV, la webTV sur l’écologie et le développement durable proposée par AgroParisTech : http://docpatrimoine.agroparistech.fr/spip.php?page=ecolibtv&id_rubrique=10

Ancien directeur de l’information sur RTL et militant écologiste de la première heure, Jean Carlier est un personnage incontournable de l’histoire de l’écologie en France. Cet auvergnat d’origine nous raconte ici comment il est venu au journalisme, une profession qui va lui permettre durant toute sa carrière de mettre les préoccupations environnementales au premier plan de l’actualité. Ce sera notamment le cas grâce à l’émission de radio qu’il animera quotidiennement dans les années soixante-dix : « La qualité de la vie ».

Jean Carlier est décédé le 5 avril 2011. Vous pouvez lire ici sa biographie par le journaliste Roger Cans.

Mémoires visuelles de l’environnement : entretien avec Gisèle Chaleyat, doyenne des Verts de Paris (extrait)

Le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) a initié la réalisation de films-témoignages avec des « grands témoins » et des « grands acteurs » de l’histoire de l’écologie et de l’écologisme, et des politiques officielles de l’environnement.

Voici un extrait d’un entretien avec Gisèle CHALEYAT, doyenne des Verts de Paris, le 27 novembre 2008, entretien réalisé sous la direction de Dominique ALLAN MICHAUD. Avec la participation de Laurent GERVEREAU. Images : Franck HARO et Joël JARRON. Une coproduction Réseau Mémoire de l’Environnement et Centre d’animation Les Abbesses.