Archives de Catégorie: Histoire de l’écologie

La motorisation de l’agriculture en France après 1945. L’exemple du tracteur

Pierre Vigreux, membre du Conseil d’administration du Réseau Mémoire de l’Environnement (RME), a publié dans La Revue Ferguson (hiver 2014) un article sur le rôle du tracteur dans l’évolution de l’agriculture depuis la Seconde Guerre mondiale.

Un texte dans lequel les préoccupations d’environnement ne sont pas absentes, et que nous sommes heureux de reproduire ci-dessous.

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Le mouvement écologiste vu par Serge Moscovici en 1977 : « le péril vert ? »

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Voici la transcription des interventions de Serge Moscovici lors d’une table-ronde organisée par Le Sauvage, publiées dans le N° 43 de ce magazine. Cette table-ronde réunissait aussi – autour d’Alain Hervé, rédacteur en chef du Sauvage – Michel Bosquet (alias André Gorz), Michel Izard, Alain Touraine et Brice Lalonde. Le titre général de ce numéro, en date  du 1er juillet 1977, était : Tout ce que vous voulez savoir sur l’écologie sans jamais oser le demander. Quarante ans plus tard, l’analyse de Serge Moscovici reste très actuelle !20170407121401251Mosco 2

L’implication de Serge Moscovici dans les mouvements écologistes

Voici le texte de l’intervention de Laurent Samuel lors du Colloque international en hommage à Serge Moscovici qui avait lieu les 16 et 17 mars 2017 à la Maison de l’Amérique latine, à l’initiative de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, de l’université Sorbonne Paris Cité, et de ses deux fils Denis et Pierre. Ce colloque scientifique a rassemblé plusieurs dizaines de chercheurs de très nombreux pays. Dans son allocution de clôture, Edgar Morin a fustigé les écologistes politiques d’aujourd’hui, qui, selon ses termes « n’ont pas lu Moscovici car ce sont des incultes ! ».

Colloque Mosco

 

C’est au cours de l’été 1972 que Serge Moscovici (qui a publié son Essai sur l’Histoire humaine de la nature quatre ans auparavant) s’engage pour la première fois dans une forme de militantisme écologique en participant à la réalisation et à la présentation dans les campagnes françaises d’une expo photographique itinérante. Sur le thème « écocide = ethnocide », cette exposition crée un parallèle visuel entre la destruction de l’environnement et des modes de vie des Indiens d’Amérique du Sud et des paysans français. Aussi connue sous le titre « Occitanie, Amazonie, même combat », cette expo réunit, aux côtés Serge Moscovici et le documentariste Yves Billon, deux personnages hors du commun : le mathématicien Alexandre Grothendieck (fondateur du mouvement Survivre avec deux autres mathématiciens, Claude Chevalley et mon père Pierre Samuel), mort par un étonnant coup du destin trois jours avant « Mosco » en novembre 2014, et l’ethnologue Robert Jaulin, l’un des premiers à utiliser le terme d’ethnocide. dans le sens d’« acte de destruction d’une civilisation » ou « acte de décivilisation ». « Je me suis engagé avec Robert Jaulin, qui venait de publier un ouvrage sur l’ethnocide, dans la création d’UV pirates et on a constaté que beaucoup de gens étaient sensibles à ces questions. Puis, la création de l’UER d’ethnologie a fait venir beaucoup de monde », racontait Serge Moscovici dans un entretien avec Stéphane Lavignotte (militant écologiste et pasteur) publié en 2000 dans le N° 1 de la revue EcoRev’. L’implication d’ethnologues et de mathématiciens dans la genèse du mouvement écologiste français mériterait de faire l’objet d’une réflexion approfondie.

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Entre 1973 et 1977, Serge Moscovici est parmi les quelques rares intellectuels qui fréquentent les Amis de la Terre, qui sont alors la principale force de réflexion et d’action du mouvement écologiste naissant. On le retrouve dans des réunions informelles et tardives chez Brice Lalonde, rue de l’Université, qui héberge alors l’association, où se croisent aussi Kouchner, Bizot, Morin et bien d’autres. En 1973, il publie une tribune à la gloire du vélo dans le N° 3 du Sauvage, et en 1976 un texte plein d’humour dans la Gueule Ouverte sur une prétendue « conspiration verte » alors dénoncée par le Journal du Dimanche.

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En 1977, Serge Moscovici franchit un nouveau pas dans l’engagement en figurant sur une liste Paris Ecologie aux élections municipales dans le 13e arrondissement, en compagnie de quelques autres pionniers comme Laurence Bardin, Jean-Paul Ribes ou Dominique Simonnet. En 1978, il est l’un des auteurs, avec Brice Lalonde et René Dumont, du livre Pourquoi les écologistes font-ils de la politique ? (aux éditions du Seuil) coordonné par Jean-Paul Ribes.

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Dans les années suivantes, il fera régulièrement partie des comités de soutien des candidats écologistes (notamment celui de Brice Lalonde à la présidentielle de 1981) et acceptera parfois de participer à des listes, comme celle de Génération Ecologie aux régionales de 1992, où il figure symboliquement en dernière position.

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Adhérent « historique » des Amis de la Terre et membre du comité de parrainage du RME (Réseau Mémoire de l’Environnement), Serge Moscovici, bien que partisan d’une convergence d’idées entre écologistes et socialistes, n’a jamais fait partie du Parti des Verts. A l’évidence, cet esprit libre, dont on ne soulignera jamais assez l’extrême gentillesse, préférait les mouvements sociaux aux manœuvres d’appareils. C’est sans doute la raison pour laquelle aucun responsable important d’EELV n’était présent à son enterrement en novembre2014, alors que nombre de ministres et anciens ministres socialistes, dont Lionel Jospin, Manuel Valls et Marisol Touraine, avaient fait le déplacement, sans hélas que leur « logiciel » politique se soit durablement imprégné de la « plume verte » (pour reprendre l’expression d’un intervenant du colloque) de Serge Moscovici, comme c’est aussi le cas pour son fils Pierre, aujourd’hui commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l’Union douanière après avoir été plusieurs fois ministre dans des gouvernements de gauche.

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J’emprunterai ma conclusion à Brice Lalonde, qui, comme Jean-Paul Ribes, m’a demandé de vous dire qu’il regrettait de ne pouvoir participer à ce colloque : « Il trouvait dans l’écologisme naissant, non seulement une de ces minorités actives qui sont les vrais acteurs du changement, mais tout particulièrement la résurgence d’une rébellion cheminant à travers l’histoire qui cherche à vivifier les sociétés humaines en se fondant sur la compréhension de la nature. C’est une grande chance pour les écologistes de l’avoir côtoyé, d’avoir bénéficié de son engagement et de ses conseils. Et toute la question aujourd’hui est d’être fidèle à la force de son message : rester rebelle. Car, plus que jamais, le monde a besoin d’écologie. »

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Pour en savoir plus et notamment visionner un entretien vidéo de Serge Moscovici avec l’ethnologue Pascal Dibie, qui était parmi les organisateurs de ce colloque : https://remosco.hypotheses.org/

Entre témoignage, engagement et rapports de force, les objectifs des candidatures écologistes aux élections présidentielles de 1974 à 2012

Au fil des années, les objectifs visés par la présentation d’un candidat écologiste à l’élection présidentielle ont considérablement évolué. Cet article cherche à livrer quelques éléments de réflexion sur ce point précis, sans prétendre esquisser une analyse détaillée des résultats électoraux des candidats écologistes aux présidentielles de 1974 à 2012 (qui exigerait de prendre en compte non seulement les pourcentages, mais aussi les nombres de suffrages obtenus).

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En 1974, le but de l’Association des journalistes pour la nature et l’environnement (AJEPNE, devenue aujourd’hui JNE), des Amis de la Terre et d’autres associations qui font appel à l’agronome René Dumont pour être leur candidat à l’élection présidentielle est de profiter de la tribune offerte par la campagne électorale (alors égalitaire entre « grands » et « petits » candidats) pour porter auprès du grand public les idées de base de l’écologie. D’où le choix de présenter ce scientifique qui, sans être un « écolo » historique (il a longtemps défendu la « révolution verte » très critiquée pour ses conséquences sur l’environnement), a publié en 1973 un livre au titre évocateur, L’Utopie ou la mort (éditions Seuil), et a été invité dans plusieurs émissions télévisées pour le présenter. René Dumont s’est aussi imposé du fait du refus d’autres personnalités comme Théodore Monod ou Philippe Saint-Marc, contactées par les associations, et du fait que l’unique autre « candidat à la candidature » écologiste, Charles Loriant, défend les thèses contestées (et peu connues à l’époque au sein de la mouvance écologiste) du mouvement pour l’économie distributive, au sein duquel René Dumont a (pour la petite histoire) milité dans sa jeunesse (lire ici l’article de Dominique Allan-Michaud sur le revenu universel, dont Jacques Duboin, fondateur du mouvement pour l’économie distributive, fut l’un des pionniers ).

Le choix de René Dumont, défenseur historique des pays du « Sud » et auteur du classique L’Afrique noire est mal partie (éditions Seuil), a aussi le mérite de placer la candidature écologiste dans une perspective tiers-mondiste, et de se démarquer ainsi des clichés sur « l’environnement, luxe pour riches ». La candidature Dumont est donc une candidature de témoignage, qui lance l’alarme sur la pollution de l’air et de l’eau (l’image du prof au pull rouge buvant son verre d’eau est passée à la postérité), le risque nucléaire, la destruction de la nature, la pression démographique… Les solutions et les moyens de transition ne sont évoqués qu’en creux.

En 1981, à l’issue d’une élection primaire ouverte (une première en France, totalement oubliée par les commentateurs lorsque le Parti socialiste puis le parti Les Républicains adopteront cette formule), les partisans d’une nouvelle candidature de témoignage, regroupés autour de Philippe Lebreton, naturaliste réputé et collaborateur de la Gueule Ouverte sous le pseudonyme du Professeur Mollo-Mollo, sont battus de peu (et à l’issue d’un scrutin contesté) par ceux d’une candidature d’« engagement » qui ont choisi Brice Lalonde – alors figure de proue des Amis de la Terre – comme porte-drapeau. Tout en rappelant les grands thèmes de l’écologie, la campagne Lalonde se focalise sur les voies du changement, esquissées dans le programme Le Pouvoir de vivre publié par les éditions de la Surienne de Jean-Luc Burgunder, fondateur du magazine Ecologie. Mais son objectif est aussi de faire pression sur les deux candidats du second tour en plaçant au centre du débat un certain nombre de mesures d’urgence, applicables immédiatement par le futur élu. Le président Mitterrand en réalisera quelques-unes, comme la légalisation des radios libres ou l’abandon du camp militaire du Larzac et du projet de centrale nucléaire à Plogoff, mais enterrera la plus importante d’entre elles, à savoir un moratoire sur les centrales nucléaires, couplé avec l’organisation d’un grand débat public et contradictoire sur l’énergie. La démarche originale de Brice Lalonde a toutefois recueilli un certain intérêt chez les électeurs, puisqu’il triple presque son score par rapport à celui de René Dumont.

En 1988, la candidature d’Antoine Waechter, figure peu charismatique mais fin connaisseur des dossiers de protection de la nature et d’écologie planétaire, marque le retour à une démarche de « témoignage ». Le candidat des Verts (créés en 1984) obtient le même score que Lalonde sept ans auparavant, soit 3,88 %, malgré la concurrence de Pierre Juquin, porte-drapeau d’un mouvement où cohabitent d’anciens membres du PCF, des trotskistes, des écologistes et des inorganisés, qui obtient 2,1 % des voix.

A partir de 1995, les Verts, au sein desquels la tendance de « gauche » d’Yves Cochet et Dominique Voynet a supplanté celle menée par Antoine Waechter sur la ligne « ni droite ni gauche », cherchent surtout à « peser » lors des élections présidentielles afin d’obtenir un rapport de forces le plus favorable possible dans leurs négociations avec le Parti socialiste en vue de leur entrée au Parlement et au gouvernement (qui sera effective à l’issue des élections législatives de 1997). Les 3,31 % récoltés par Dominique Voynet à la présidentielle de 1995 joueront ainsi un rôle non négligeable dans son entrée au gouvernement deux ans plus tard.

En 2002, la volonté de « peser » marche paradoxalement trop bien, car, grâce au choix du très médiatique Noël Mamère, ancien présentateur de télévision qui fut l’élève de Jacques Ellul (et repêché en dépit de la victoire de son concurrent Alain Lipietz lors d’une élection primaire au sein des Verts), et malgré la candidature rivale de l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement de Jacques Chirac (qui récolte 1,88 % des suffrages), les Verts obtiennent le meilleur score de l’histoire des candidatures écologistes : 5,33 %. Un bon résultat qui, s’additionnant aux suffrages obtenus par Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira, a l’effet pervers de contribuer à empêcher le Premier ministre Lionel Jospin, candidat socialiste, d’accéder au second tour.
En 2007 et 2012, les motivations des candidatures de Dominique Voynet et Eva Joly ne sont guère comprises des électeurs, puisqu’elles obtiennent les scores modestes de 1,57 % pour l’une (José Bové ayant pour sa part recueilli 1,32 % des suffrages exprimés) et 2,31 % pour l’autre, alors que René Dumont avait déjà récolté 1,33 % des voix en 1974.

En 2012, la candidature de Nicolas Hulot, rejetée par EELV (Europe-Ecologie-les Verts) au profit de celle d’Eva Joly, aurait pourtant permis de réconcilier les traditions de « témoignage » (grâce à sa grande connaissance des enjeux planétaires de l’écologie) et d’ « engagement » (à travers sa défense des mesures du Pacte écologique signé par la plupart des candidats en 2007).

Laurent Samuel
Ancien animateur des campagnes de René Dumont en 1974 et de Brice Lalonde en 1981. Ancien responsable des Amis de la Terre. Vice-président des JNE. Secrétaire général du RME.

A lire sur le sujet : L’écologie à l’épreuve du pouvoir (Un avenir peint en vert pour la France ?) de Michel Sourrouille, éditions Sang de la Terre, 370 pages, 19 euros
http://biosphere.ouvaton.org/bibliotheque-2014-et/3147-2016-l-ecologie-a-l-epreuve-du-pouvoir-un-avenir-peint-en-vert-pour-la-france-de-michel-sourrouille

Projection-débat sur les débuts du mouvement anti-nucléaire en France le 17 mars à 19 h

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Le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) et le Centre d’Animation des Abbesses vous convient le lundi 17 mars 2014 à 19 heures à une projection-débat sur les débuts du mouvement anti-nucléaire en France.

Cette projection-débat aura lieu au Centre Les Abbesses, 10 passage des Abbesses – 75018 PARIS.
http://equipement.paris.fr/centre-d-animation-les-abbesses-1154

Yvonne Mignot-Lefebvre et Michel Lefebvre, fondateurs du collectif Vidéo 00, présenteront deux de leurs films : Bugey-cobayes (1971) et Flamanville-Erdeven : chroniques de la lutte antinucléaire (1975).

Entrée gratuite, sur réservation, en envoyant un email à
contactabbesses@yahoo.fr
Pour toute information complémentaire, contactez Philippe DELACROIX au 06 19 21 54 83

Bugey-cobayes

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Les 10 et 11 juillet 1971, une marche pacifique face à la centrale nucléaire du Bugey, dans l’Ain, avait réuni 15 000 à 20 000 personnes. Le groupe Vidéo 00 était présent et a filmé ces deux journées exceptionnelles. Un témoignage unique. A notre connaissance, ce sont les seules images filmiques disponibles. Et notons les interviews de Jean Pignero, de Pierre Fournier et de Alexandre Grothendieck, l’étrange assemblage aux origines du mouvement antinucléaire français.

Bugey marque le décollage en France de la contestation contre l’ « atome pacifique » et, au-delà, selon la formule de Fournier, « le coup d’envoi de la révolution écologique ».

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Bugey, manifestation du 10 juillet 1971 – Photo Christian Weiss

Flamanville-Erdeven : chroniques de la lutte antinucléaire

Ce film réalisé par Vidéo 00 et les Cents fleurs introduit une dimension comparative entre deux sites choisis par EDF : Flamanville dans le Cotentin et Erdeven en Bretagne. Dans les deux cas, des comités se sont constitués pour s’opposer au projet de centrale nucléaire et défendre une certaine idée du bonheur qui ne se réduirait pas à l’augmentation continue du nombre de kw/heures.

Mais il existe dans les deux situations une grosse différence qui renvoie à la sociologie. À Flamanville, la population est majoritairement ouvrière et les usines commencent à fermer ; celle d’Erdeven, composée d’agriculteurs et de pêcheurs, est fortement attachée à son terroir et à la culture bretonne. Les résultats des deux référendums vont refléter ces réalités. Pour les ouvriers de Flamanville, la centrale c’est du travail assuré pour plusieurs années. Ce sera OUI. Pour les paysans d’Erdeven, c’est le reflux prévisible des touristes et la menace d’une catastrophe écologique majeure. Ce sera NON.

La dernière partie présente, de l’extérieur, le centre de retraitement des déchets radioactifs de La Hague (notons que la CFDT a refusé de participer au tournage, les positions de la direction du syndicat n’étant pas encore fermement établies). Les témoignages de quelques techniciens évoquent le problème des doses quotidiennes et celui de la surveillance de ces déchets pouvant aller de quelques années à plusieurs dizaines de milliers d’années.

Flamanville… nous en connaissons les suites. Erdeven… aucune centrale n’a pu être construite.

La richesse des formes d’action, que l’on retrouve aujourd’hui dans toutes les grandes luttes écologiques est frappante : information des citoyens documentée et rigoureuse, fêtes, comités scientifiques actifs, liens avec la presse écologique, exigence de referendums, relations avec les mouvements sociaux et avec les organisations professionnelles…

Extraits d’un texte de Laurent Samuel (présent à Bugey 01)

Fin mai, Pierre Fournier lance dans « Charlie Hebdo » un appel pour un rassemblement, fixé au 10 juillet suivant, contre le réacteur de Saint-Vulbas. Une manif baptisée « Bugey 01.

Dessinateur de grand talent, Fournier réalise aussi l’affiche de « la grande fête populaire, face à l’usine atomique ». Il y cite les statistiques du physicien américain Ernest Sternglass, concluant à un accroissement des leucémies autour des réacteurs nucléaires américains.

Le rassemblement du Bugey est soutenu par l’APRI, ainsi que par deux organisations fondées l’une et l’autre, à quelques jours de distance, en juillet 1970 : Survivre et les Amis de la Terre. Créés par le journaliste Alain Hervé, les Amis de la Terre sont la « branche » française de Friends of The Earth, mouvement lancé en 1969 aux Etats-Unis par David Brower. Quant au groupe Survivre, il a été fondé par le mathématicien Alexandre Grothendieck. Au départ, Survivre est issu des réflexions de Grothendieck et de deux de ses collègues matheux, Roger Godement et Claude Chevalley, contre la militarisation de la recherche scientifique.

Mais, malgré les efforts de Fournier et de Grothendieck, seuls quelques scientifiques soutiennent le rassemblement du Bugey. En dehors des mathématiciens de Survivre, le Pr Etienne Wolff du collège de France, le naturaliste Théodore Monod, le biologiste Philippe Lebreton, et Jean Rostand sont parmi les rares à s’engager. Il est frappant de noter qu’aucun physicien nucléaire connu ne participe au mouvement !

« Bugey 01 » se révèle un grand succès, avec 12 000 à 15 000 participants selon la presse et la télévision. La météo est au beau fixe et de nombreux manifestants se baignent nus, donnant au rassemblement des airs de Woodstock français. Après une marche de 7 à 8 km « sous un soleil assassin » (selon la formule de Cavanna).

Dès le lendemain, une réunion antinucléaire rassemble une cinquantaine de participants, dont Jean Pignero, Alexandre Grothendieck, Esther Peter-Davis, Jean-Jacques Rettig et Désiré Mérien. La présence de cet animateur du groupe Nature et Vie illustre la présence des adeptes des médecines naturelles et de l’alimentation biologique (sujet alors aussi tabou que la pollution radioactive) dans la constitution du mouvement antinucléaire.

Un anniversaire : 9 octobre 1963, les 2160 morts du barrage italien du Vajont

Entretien avec Charlotte Paquet-Dumont

Le Réseau Mémoire de l’Environnement (RME) a initié la réalisation de films-témoignages avec des « grands témoins » et des « grands acteurs » de l’histoire de l’écologie et de l’écologisme, et des politiques officielles de l’environnement. Voici un entretien avec Charlotte Paquet-Dumont, décédée le 6 janvier 2013, veuve du célèbre agronome qui fut en 1974 le premier candidat des écologistes à une élection présidentielle.

GENERIQUE ENTRETIEN CHARLOTTE

 

50 ans après la publication par René Dumont de « L’Afrique noire est mal partie ! » : Quel Bilan, quelles leçons, quels espoirs ? – 15 et 16 novembre 2012, Paris

Cinquante ans après la publication par René Dumont de « L’Afrique noire est mal partie ! » : Quel Bilan, quelles leçons, quels espoirs ?

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15 et 16 novembre 2012 à Paris

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La Fondation René Dumont a pris l’initiative, en liaison avec AgroParisTech, le CIRAD, l’AFD et RFI, de célébrer le cinquantième anniversaire de la publication du célèbre ouvrage de René Dumont « l’Afrique noire est mal partie ! ». La manifestation comprendra deux événements :

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•    Un séminaire, organisé le 15 novembre 2012 au Jardin tropical de Paris-René Dumont  (RER A : Station Nogent-sur-Marne), où le célèbre professeur a été étudiant puis enseignant. Le séminaire comprendra quatre parties dédiées respectivement à l’histoire de l’agriculture africaine, de ses acteurs et de ses organisations, à la contribution de l’agriculture et de la forêt à la gestion des terroirs africains, à l’évolution des techniques agricoles, forestières et agro-industrielles et à la place de l’agriculture dans le développement économique de l’Afrique noire. Un appel à communications a été lancé fin octobre 2011. Les propositions seront examinées à partir du 15 mars 2012 par un comité scientifique présidé par le Professeur Marc Dufumier.
Ce séminaire rassemblera une centaine de participants, partenaires africains compris. L’Agence Universitaire de la Francophonie organisera des interactions par visioconférences avec des campus numériques d’universités africaines et RFI d’autres interactions via son site et ses réseaux sociaux.

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• Une matinée, ouverte au public le 16 novembre 2012, permettra à de hautes personnalités africaines de débattre de l’impact et de la pertinence (ou de l’impertinence) du message de René Dumont. Ils pourront réagir aux conclusions du séminaire du 15 novembre et donner leurs visions de l’agriculture africaine et de sa place dans le développement de l’Afrique.
A l’occasion de cet anniversaire, les éditions du Seuil rééditeront l’ouvrage de René Dumont, préfacé par le Président A. Diouf.
D’autres actions pourront être organisées dans le cadre de cet anniversaire. D’ores et déjà, le Musée du vivant propose de présenter une exposition photographique l’Afrique derrière les images dans le Pavillon de l’Indochine du Jardin Tropical, en liaison avec la Mairie de Paris. Par ailleurs Paul Kleene présentera son ouvrage, Paroles de vétérans. Nous souhaitons également que certaines initiatives africaines se traduisent par quelques événements supplémentaires.

Ainsi, nous espérons que cette célébration du cinquantième anniversaire de la publication de L’Afrique noire est mal partie par René Dumont sera un moment d’échanges, de mémoire et, surtout, d’espoirs.

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  1. Appel à communications : Première annonce
  2. Présentation du colloque

Bibliothèque Historique du Jardin d’Agronomie Tropicale

DOMAINE DE COMPETENCE ET ROLE DE LA BIBLIOTHEQUE

La Bibliothèque Historique du Jardin d’agronomie tropicale est l’une des bibliothèques du Cirad (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement), dépendant de la Direction de l’Innovation et de la Communication de cet établissement.

Cette bibliothèque dispose d’un fonds unique en France sur les thèmes de l’agronomie tropicale et du développement agricole et agro-industriel des anciennes colonies qui constituaient l’Empire français, depuis la fin du XIXe siècle, jusqu’à l’aube des indépendances.

Ce patrimoine culturel est mis à la disposition des historiens, agronomes, économistes et sociologues intéressés par cette période de notre histoire. Il est aussi du devoir de la France, aujourd’hui, de le faire partager avec les nations qui se sont trouvées, bien malgré elles, impliquées dans ce processus d’expansion coloniale.

Bien que spécialisée en agriculture dans les anciennes possessions de la France d’outre-mer, la bibliothèque dispose encore de ressources documentaires de qualité pour ce qui concerne l’élevage et la foresterie de ces régions. Elle dispose également d’informations nombreuses sur l’ensemble des pays de la zone intertropicale, notamment sur ceux qui constituaient le domaine des autres puissances coloniales de l’époque.

SITUATION

 La Bibliothèque Historique est située en lisière du Bois de Vincennes, dans l’actuel Jardin d’agronomie tropicale, qui fut le Jardin colonial au début du XXe siècle.

 Suite au grand retentissement que connut l’Exposition coloniale de Marseille en 1906, et surtout grâce à l’initiative de son directeur, J.-T. Dybowski, le Jardin colonial organisera sur son site une nouvelle exposition coloniale en 1907. C’est de cette époque que datent les bâtiments « exotiques » encore présents dans le parc. Ce qui fut la Salle d’exposition permanente, construite dans le prolongement du Pavillon de l’Indochine, abrite aujourd’hui la Bibliothèque historique d’agronomie tropicale.

 Le Jardin est un havre de paix qui s’étend sur 4,8 hectares, mais c’est aussi un lieu de mémoire pour les soldats des troupes coloniales de toutes origines, morts pour la France durant la Grande Guerre.

 Depuis quelques années, le Jardin abrite un campus géré par le Cirad et sur lequel sont établis plusieurs établissements d’enseignement ou de recherche, ainsi que des organisations non-gouvernementales.

 HISTOIRE DE LA BIBLIOTHEQUE

 Vieille de plus d’un siècle, l’histoire de la Bibliothèque se confond avec celles du Jardin colonial et de l’Ecole nationale supérieure d’agriculture coloniale.

 A la fin du XIXe siècle, comparée aux autres grandes puissances coloniales de l’époque, notamment les Pays-Bas et l’Angleterre, la France accuse un grand retard en matière de mise en valeur agricole de ses possessions territoriales d’outre-mer.

 Pour y remédier, le ministère des Colonies décide en 1899 la création d’un Jardin colonial, chargé de coordonner les activités des jardins d’essais disséminés dans les différents pays constituant l’Empire colonial français, et de leur fournir le matériel végétal et les recommandations nécessaires pour les expériences d’acclimatation.

 Dès 1902, l’Ecole nationale supérieure d’agriculture coloniale est adjointe au Jardin, chargée de former les cadres des services agricoles de l’administration coloniale.

 La Bibliothèque est constituée dès cette époque, et son fonds va continuellement s’enrichir au fil des années, du fait de l’accent mis sur la qualité de l’enseignement agronomique dispensé sur le site du Jardin colonial. En effet, en 1921, l’Ecole d’agriculture et le Jardin colonial fusionnent pour devenir l’Institut national d’agronomie coloniale (INAC), établissement prestigieux d’où sortiront les plus remarquables ingénieurs français d’agronomie tropicale de l’époque, parmi lesquels René Dumont.

Les instituts de recherche agronomique spécialisés par plante commencent à être créés dans les années 40 (IRHO, IFAC, puis IRCT et IFCC…). Le dernier institut créé en 1960 est l’Institut de recherches agronomiques tropicales pour les cultures vivrières (IRAT), qui s’installe dans le Jardin colonial. Le ministère de la France d’outre-mer, devenu ministère de la Coopération, va alors lui confier la gestion du fonds de la bibliothèque de l’ancien INAC. En 1984, le Cirad hérite de la responsabilité de cette gestion.

 CONSTITUTION DU FONDS

Dès 1901, le Jardin colonial publie une revue spécialisée : « l’Agriculture pratique des pays chauds – Bulletin du Jardin colonial et des jardins d’essai des colonies françaises ». Cette revue mensuelle paraîtra ensuite sous la direction d’un comité constitué de notabilités du Muséum d’histoire naturelle de Paris, à partir de juillet 1913.

A cette date, le Jardin colonial éditera alors une nouvelle revue mensuelle : « l’Agronomie coloniale – Bulletin mensuel du Jardin colonial », puis, à partir de 1922, « Bulletin mensuel de l’Institut national d’agronomie coloniale ». La revue paraîtra jusqu’en 1939. Elle revivra en 1946, sous le titre : « l’Agronomie tropicale ».

 L’échange de ces revues avec les grands périodiques agricoles des autres puissances coloniales de l’époque, telles que le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, mais aussi le Portugal, l’Italie, l’Allemagne, les Etas-Unis et le Japon, permit à la bibliothèque de se constituer un fonds documentaire international en matière d’agronomie tropicale.

 D’autre part, grâce à la tutelle du ministère des Colonies (qui deviendra le ministère de la France d’outre-mer en 1945), la bibliothèque a pu bénéficier tout au long de son histoire d’une sorte de « dépôt légal » des publications officielles des organismes et services dépendant du ministère de tutelle.

Enfin, la bibliothèque s’est enrichie de dons provenant de célèbres agronomes tels que Emile Prudhomme ou André Angladette, ou provenant de bibliothèques telles que celle du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie.

 PRESENTATION DU FONDS

 Le fonds documentaire de la bibliothèque est constitué de plusieurs types de documents :

 – Les Ouvrages (3 500 volumes, 70 mètres linéaires) : le Jardin colonial ayant eu vocation d’enseignement dès 1902, les ouvrages sont tout d’abord d’intérêt général en matière d’agronomie tropicale. Très rapidement, la bibliothèque va se spécialiser et se procurer un fonds d’ouvrages français et étrangers important sur les cultures tropicales : botanique des plantes, techniques de cultures, techniques de transformation, étude économique de la filière-plante.

La documentation ne se limite pas aux seules expériences françaises en la matière, de nombreux ouvrages traitent des produits tropicaux des colonies belges, britanniques, néerlandaises…

Le fonds des ouvrages comporte également de nombreux documents à caractère botanique (flores), géographique (atlas coloniaux), administratif ou économique sur les colonies françaises.

 – Les Brochures (5 000 volumes) : ce sont des documents édités de moins de 100 pages correspondant à des rapports scientifiques, techniques ou économiques, non publiés dans des revues. Les brochures constituent un fonds documentaire de grand intérêt.

 – Les Actes de congrès et de conférence (350 volumes) : la bibliothèque dispose des actes des congrès internationaux d’agriculture tropicale qui se sont tenus à Paris (1905), à Bruxelles (1910), à Londres (1914), à Séville (1929), à Anvers (1930), à Paris (1931). Les expositions coloniales ont été l’occasion de congrès coloniaux, à Marseille en 1906 par exemple. Les communications faites au cours des congrès constituent une source d’informations de très grande qualité.

– les Documents de « littérature grise » (1 000 titres) : ce sont des documents non édités, dactylographiés et certains manuscrits, correspondant à des rapports de mission ou de stages, des monographies, des documents de synthèse …

Certains sont de peu d’intérêt scientifique mais de grande valeur historique.

– Les Collections de Périodiques (600 collections, 300 mètres linéaires soit environ 15 000 volumes pour une année de périodique égale à 1 volume) : elles constituent des sources d’informations de grande valeur, quelle que soit la nature ou l’esprit de la collection. Les périodiques comprennent des informations de natures diverses : articles (résultats de recherche souvent), données statistiques, informations d’ordre administratif, cours des produits, notes de lecture…

Les collections françaises sont, soit des publications éditées par des associations scientifiques ou professionnelles, des sociétés savantes, ou encore des institutions coloniales, soit des périodiques spécialisés en agronomie tropicale, soit des périodiques publiés dans les colonies françaises (Indochine, Madagascar, Afrique occidentale française…), soit encore des revues « typiquement » coloniales telles que « l’Expansion coloniale », « La Quinzaine coloniale », la « Revue internationale des produits coloniaux ».

La bibliothèque possède également de nombreuses collections de périodiques étrangers : « l’Agronomie tropicale », publiée par la Société d’études d’agronomie tropicale de Bruxelles, le « Bulletin agricole du Congo belge », publié par le ministère des Colonies de Belgique, les bulletins publiés par le Royal Botanic Garden de Kew en Grande-Bretagne, le « Philippine Agricultural Review » édité à Manille durant la présence américaine…

 – les Publications des Services officiels (1 300 titres) : ce sont les rapports qui émanent directement des services de l’agriculture des gouvernements généraux des diverses colonies. Ces rapports, notamment ceux émanant des stations d’expérimentation agricole, constituent eux aussi une source d’informations extrêmement précises sur le fonctionnement des services coloniaux, sur les moyens dont ils disposaient, sur les résultats qu’ils obtenaient, sur les objectifs qu’ils s’étaient définis. Ils permettent également de suivre le parcours d’une plante, depuis son introduction jusqu’à son développement en grande culture… ou son abandon.

 – les Documents Iconographiques (4 500) : la bibliothèque dispose d’une collection importante (plusieurs milliers) de clichés sur « plaques de verre », ou « sur papier ». Ces clichés ont été en partie numérisés et sont consultables sur la base de données « Agritrop » du Cirad.

 Une autre source iconographique provient des revues illustrées de la presse coloniale de l’époque : « La Dépêche coloniale illustrée », « Le Monde colonial illustré », … mais aussi de certaines collections de revues spécialisées, riches en illustrations.

 La Bibliothèque Historique dispose encore de nombreuses bibliographies, d’annuaires statistiques et commerciaux.

EXPLOITATION DU FONDS

Les domaines traités

Le fonds peut être consulté par trois entrées : zone géographique, production végétale, domaine d’intervention.

 Les pays et zones géographiques

 L’Empire Colonial Français s’étendait sur les régions intertropicales et subtropicales des quatre continents : Afrique et océan Indien, Asie, Océanie, Amérique.

La bibliothèque dispose également d’informations nombreuses sur les possessions territoriales des autres nations colonisatrices : Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Italie, Allemagne, Portugal, Etats-Unis, Japon.

 Les plantes

Des informations scientifiques, techniques, agroéconomiques existent à la bibliothèque sur la totalité des spéculations agricoles de la zone tropicale.

PLANTES VIVRIERES

CEREALES :

Riz , Maïs , Sorghos & Mils

LEGUMINEUSES

Arachide, Soja , …

TUBERCULES :

Manioc , Igname , Taro & Macabo

PLANTES MARAICHERES

FRUITS & AGRUMES

Agrumes, Banane , Ananas , …

PLANTES INDUSTRIELLES

PLANTES TEXTILES :

Coton , Sisal , Dah

PLANTES SUCRIERES :

Canne à sucre , Palmiers à sucre

PLANTES STIMULANTES :

Café , Cacao , Thé , Tabac

PLANTES OLEIFERES :

Palmier à Huile

PLANTES A LATEX :

Hévéa & diverses lianes à caoutchouc

AUTRES PLANTES ECONOMIQUES

Plantes à Parfum, Plantes Médicinales , …

 

 Les domaines d’intervention

Le thème principal de la bibliothèque est la mise en valeur agricole des colonies, protectorats et territoires sous mandat qui constituaient l’Empire Colonial Français.

Plusieurs domaines d’intervention peuvent être pris en compte.

1

Mise en place & Organisation des Services d’Agriculture de l’Administration Coloniale

+ organismes professionnels

2

Enseignement Technique & Scientifique Colonial

En France et dans les colonies

3

Encadrement, Formation, Vulgarisation des techniques & Diffusion de l’information

4

Travaux d’Amélioration des connaissances du Milieu

Inventaires floristiques

Cartographie & Atlas

Missions d’identification, de reconnaissance, …

Travaux Pédologiques

Etudes Sociologiques

5

Travaux d’ Acclimatation, de Recherche & d’Expérimentation

5.1

Plantes Industrielles & Commerciales

5.2

Cultures alimentaires régionales

6

Travaux d’Etudes & Projets de Développement d’une Spéculation Agricole

6.1

Techniques de transformation des produits (agro-industrie)

6.2

Amélioration des conditions de vie des Populations (cultures vivrières)

7

Etudes Economiques & Commerciales des productions

 

 

Inventaire et enregistrement du fonds

Inventaire du fonds : les bases en accès local

 L’exploitation du fonds passe obligatoirement par sa connaissance exhaustive, et donc par son inventaire.

Dans cet esprit, des bases de données en accès local ont été constituées, à partir des fichiers manuels existants (la présence effective du document référence est vérifiée), puis complétées par les références des documents localisés dans les autres bibliothèques du Cirad à Montpellier.

Ainsi, ont été créés 16 « bases-plantes » (ananas, arachide, banane, cacao, café, canne à sucre, cocotier, coton, dattier, hévéa, oléagineux, palmier, quinquina, tabac, textiles, thé) et 8 « bases-pays » (Indochine, Madagascar, Algérie, Maroc, Tunisie, AEF, AOF, Dom-Tom).

A ce jour, plus de 10 000 documents imprimés et 1 400 clichés sur plaques de verre ont été répertoriés, auxquels il faut ajouter 1 000 communications lors de congrès et 1 600 articles de périodiques.

Catalogage informatisé et alimentation de la base Agritrop du Cirad

Une partie importante du fonds de la Bibliothèque d’Agronomie tropicale et d’Agriculture coloniale a fait l’objet d’un catalogage informatisé permettant d’alimenter Agritrop, la base de données bibliographiques du Cirad consultable sur le site Internet du Cirad :

– l’ensemble des intitulés des collections de périodiques, des rapports d’activités, des actes de congrès, des atlas et des flores,

– une partie des ouvrages, des descriptifs des clichés sur plaque de verre, des documents de « littérature grise ». Les brochures, les articles de périodiques et les communications faites lors de congrès, à de rares exceptions près, n’ont pas encore été entrés dans la base.

 Numérisation des documents iconographiques

 Pour être exploités et protégés, une partie des clichés sur plaques de verre (800) et quelques images papier ont été numérisés. Un partie importante des plaques de verre (2 000 environ) restent à numériser, ainsi que certaines images papier à sélectionner.

 VALORISATION DU FONDS : ACTIONS EN COURS ET A DEVELOPPER

 Accueil du public

La bibliothèque est ouverte au public (tous les jours de 9h00 à 12h00, sur rendez-vous en dehors de ces horaires), pour permettre la consultation des documents ainsi que l’interrogation des bases de données en accès local.

 Appui documentaire

L’accès aux recherches historiques thématiques (agronomie, enseignement, législation, …) est facilité par un appui documentaire personnalisé. L’appui documentaire s’exerce aussi par la réponse aux demandes à distance : recherches de renseignements d’ordre bibliographique, biographique, scientifique, demandes de photocopies et de documents (prêt intra-Cirad).

 Participation à des expositions

Elle prend la forme de l’apport de documents, imprimés et iconographiques, et d’expertise scientifique : inaugurée à l’occasion du Salon international de l’agriculture de 2006 sur le thème du coton, la participation de la Bibliothèque Historique est reconduite au Salon de 2007 sur les thèmes du cocotier et du palmier à huile.

 Création d’un site Internet propre

La création d’un site Internet propre, ou d’un site hébergé dans un portail existant ou tout autre portail créé autour d’un thème fédérateur, est envisagée. Pour une meilleure visibilité du fonds, les bases de données thématiques, à ce jour en seul accès local, pourraient ainsi être consultables à distance.

 Travail en réseau et en partenariat

Avec d’autres bibliothèques, centres de recherche, établissements publics et organismes divers ayant des fonds de même nature, le travail en partenariat, déjà commencé, se poursuit (voir liste des partenaires en annexe).

La Bibliothèque Historique a intégré le Réseau Patrimoine du vivant et écologie en juillet 2006 : animé par l’INA-PG et constitué d’écoles d’enseignement supérieur, d’instituts de recherche et de musées, ce réseau a pour ambition de permettre de nombreuses collaborations sur les plans patrimonial et scientifique, notamment à l’occasion de la mise en place du Musée du Vivant par l’Agro Paris Tech, nouvel établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel. La bibliothèque a également adhéré au Réseau Mémoire de l’environnement en janvier 2007.

 Nogent-sur-Marne, le 26 janvier 2007

LES PARTENAIRES DE LA BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE DU CIRAD

 Académie d’Agriculture

Académie des Sciences d’Outre-Mer

Agence Universitaire de la Francophonie

Agro Paris Tech

Association amicale des anciens élèves du Centre National d’Etudes Agronomiques des régions Chaudes

Centre Alexandre Koyré, Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques (CNRS-MNHN-Cité des sciences et de l’Industrie)

Centre d’étude d’Afrique noire (Institut d’Etudes politiques de Bordeaux)

Centre d’étude des mondes africains – UMR 8171 (CNRS – Université Paris 1 – EPHE – Université de Provence)

Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille-Provence

Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration

Documentation française (La) – Centre de documentation France-Europe-Monde

Ecole des hautes études en Sciences Sociales – Bibliothèque du Centre d’études africaines (CEAF)

Ecole d’Ingénieurs Agro-Développement International (ISTOM) – Centre de documentation

Ecole Nationale Supérieure du Paysage – Centre de documentation et Potager du Roi

Fondation nationale des sciences politiques – Bibliothèque (« Bibliothèque de Sciences Po »)

Institut de Recherche et de Développement (IRD) – Centre de Bondy (Centre de documentation)

Institut National Agronomique Paris-Grignon – Service commun de documentation

Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) – Département SAE2, Unité Agropédoloclimatique de la zone Caraïbe – Documentation

Musée de Nogent-sur-Marne

Muséum national d’histoire naturelle

Office national des forêts – Documentation technique

Réseau Mémoire de l’environnement

Société des Amis de la Bibliothèque historique du Jardin tropical de Paris

Société Française d’Histoire de l’Outre-Mer

Université Paris I – Bibliothèque de recherches Africaines

Université Paris VII – Denis-Diderot, laboratoire SEDET/CNRS (UMR 2683)

Ville de Nogent-sur-Marne

« A boire et à manger pour Eva » : un article de Jean-Luc Porquet sur la campagne Dumont dans « le Canard »

Dans le Canard Enchaîné du 1er février 2012, Jean-Luc Porquet nous convie à un retour sur la campagne présidentielle de René Dumont en 1974.

Ci-dessous, son article, qu’il nous a permis de reproduire. Précision : Brice Lalonde et Georges Krassovky n’étaient pas les seuls à être allés chercher Dumont à Orly. Pierre et Laurent Samuel, ainsi que Jean Carlier, étaient également présents.