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Bibliothèque Historique du Jardin d’Agronomie Tropicale

DOMAINE DE COMPETENCE ET ROLE DE LA BIBLIOTHEQUE

La Bibliothèque Historique du Jardin d’agronomie tropicale est l’une des bibliothèques du Cirad (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement), dépendant de la Direction de l’Innovation et de la Communication de cet établissement.

Cette bibliothèque dispose d’un fonds unique en France sur les thèmes de l’agronomie tropicale et du développement agricole et agro-industriel des anciennes colonies qui constituaient l’Empire français, depuis la fin du XIXe siècle, jusqu’à l’aube des indépendances.

Ce patrimoine culturel est mis à la disposition des historiens, agronomes, économistes et sociologues intéressés par cette période de notre histoire. Il est aussi du devoir de la France, aujourd’hui, de le faire partager avec les nations qui se sont trouvées, bien malgré elles, impliquées dans ce processus d’expansion coloniale.

Bien que spécialisée en agriculture dans les anciennes possessions de la France d’outre-mer, la bibliothèque dispose encore de ressources documentaires de qualité pour ce qui concerne l’élevage et la foresterie de ces régions. Elle dispose également d’informations nombreuses sur l’ensemble des pays de la zone intertropicale, notamment sur ceux qui constituaient le domaine des autres puissances coloniales de l’époque.

SITUATION

 La Bibliothèque Historique est située en lisière du Bois de Vincennes, dans l’actuel Jardin d’agronomie tropicale, qui fut le Jardin colonial au début du XXe siècle.

 Suite au grand retentissement que connut l’Exposition coloniale de Marseille en 1906, et surtout grâce à l’initiative de son directeur, J.-T. Dybowski, le Jardin colonial organisera sur son site une nouvelle exposition coloniale en 1907. C’est de cette époque que datent les bâtiments « exotiques » encore présents dans le parc. Ce qui fut la Salle d’exposition permanente, construite dans le prolongement du Pavillon de l’Indochine, abrite aujourd’hui la Bibliothèque historique d’agronomie tropicale.

 Le Jardin est un havre de paix qui s’étend sur 4,8 hectares, mais c’est aussi un lieu de mémoire pour les soldats des troupes coloniales de toutes origines, morts pour la France durant la Grande Guerre.

 Depuis quelques années, le Jardin abrite un campus géré par le Cirad et sur lequel sont établis plusieurs établissements d’enseignement ou de recherche, ainsi que des organisations non-gouvernementales.

 HISTOIRE DE LA BIBLIOTHEQUE

 Vieille de plus d’un siècle, l’histoire de la Bibliothèque se confond avec celles du Jardin colonial et de l’Ecole nationale supérieure d’agriculture coloniale.

 A la fin du XIXe siècle, comparée aux autres grandes puissances coloniales de l’époque, notamment les Pays-Bas et l’Angleterre, la France accuse un grand retard en matière de mise en valeur agricole de ses possessions territoriales d’outre-mer.

 Pour y remédier, le ministère des Colonies décide en 1899 la création d’un Jardin colonial, chargé de coordonner les activités des jardins d’essais disséminés dans les différents pays constituant l’Empire colonial français, et de leur fournir le matériel végétal et les recommandations nécessaires pour les expériences d’acclimatation.

 Dès 1902, l’Ecole nationale supérieure d’agriculture coloniale est adjointe au Jardin, chargée de former les cadres des services agricoles de l’administration coloniale.

 La Bibliothèque est constituée dès cette époque, et son fonds va continuellement s’enrichir au fil des années, du fait de l’accent mis sur la qualité de l’enseignement agronomique dispensé sur le site du Jardin colonial. En effet, en 1921, l’Ecole d’agriculture et le Jardin colonial fusionnent pour devenir l’Institut national d’agronomie coloniale (INAC), établissement prestigieux d’où sortiront les plus remarquables ingénieurs français d’agronomie tropicale de l’époque, parmi lesquels René Dumont.

Les instituts de recherche agronomique spécialisés par plante commencent à être créés dans les années 40 (IRHO, IFAC, puis IRCT et IFCC…). Le dernier institut créé en 1960 est l’Institut de recherches agronomiques tropicales pour les cultures vivrières (IRAT), qui s’installe dans le Jardin colonial. Le ministère de la France d’outre-mer, devenu ministère de la Coopération, va alors lui confier la gestion du fonds de la bibliothèque de l’ancien INAC. En 1984, le Cirad hérite de la responsabilité de cette gestion.

 CONSTITUTION DU FONDS

Dès 1901, le Jardin colonial publie une revue spécialisée : « l’Agriculture pratique des pays chauds – Bulletin du Jardin colonial et des jardins d’essai des colonies françaises ». Cette revue mensuelle paraîtra ensuite sous la direction d’un comité constitué de notabilités du Muséum d’histoire naturelle de Paris, à partir de juillet 1913.

A cette date, le Jardin colonial éditera alors une nouvelle revue mensuelle : « l’Agronomie coloniale – Bulletin mensuel du Jardin colonial », puis, à partir de 1922, « Bulletin mensuel de l’Institut national d’agronomie coloniale ». La revue paraîtra jusqu’en 1939. Elle revivra en 1946, sous le titre : « l’Agronomie tropicale ».

 L’échange de ces revues avec les grands périodiques agricoles des autres puissances coloniales de l’époque, telles que le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, mais aussi le Portugal, l’Italie, l’Allemagne, les Etas-Unis et le Japon, permit à la bibliothèque de se constituer un fonds documentaire international en matière d’agronomie tropicale.

 D’autre part, grâce à la tutelle du ministère des Colonies (qui deviendra le ministère de la France d’outre-mer en 1945), la bibliothèque a pu bénéficier tout au long de son histoire d’une sorte de « dépôt légal » des publications officielles des organismes et services dépendant du ministère de tutelle.

Enfin, la bibliothèque s’est enrichie de dons provenant de célèbres agronomes tels que Emile Prudhomme ou André Angladette, ou provenant de bibliothèques telles que celle du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie.

 PRESENTATION DU FONDS

 Le fonds documentaire de la bibliothèque est constitué de plusieurs types de documents :

 – Les Ouvrages (3 500 volumes, 70 mètres linéaires) : le Jardin colonial ayant eu vocation d’enseignement dès 1902, les ouvrages sont tout d’abord d’intérêt général en matière d’agronomie tropicale. Très rapidement, la bibliothèque va se spécialiser et se procurer un fonds d’ouvrages français et étrangers important sur les cultures tropicales : botanique des plantes, techniques de cultures, techniques de transformation, étude économique de la filière-plante.

La documentation ne se limite pas aux seules expériences françaises en la matière, de nombreux ouvrages traitent des produits tropicaux des colonies belges, britanniques, néerlandaises…

Le fonds des ouvrages comporte également de nombreux documents à caractère botanique (flores), géographique (atlas coloniaux), administratif ou économique sur les colonies françaises.

 – Les Brochures (5 000 volumes) : ce sont des documents édités de moins de 100 pages correspondant à des rapports scientifiques, techniques ou économiques, non publiés dans des revues. Les brochures constituent un fonds documentaire de grand intérêt.

 – Les Actes de congrès et de conférence (350 volumes) : la bibliothèque dispose des actes des congrès internationaux d’agriculture tropicale qui se sont tenus à Paris (1905), à Bruxelles (1910), à Londres (1914), à Séville (1929), à Anvers (1930), à Paris (1931). Les expositions coloniales ont été l’occasion de congrès coloniaux, à Marseille en 1906 par exemple. Les communications faites au cours des congrès constituent une source d’informations de très grande qualité.

– les Documents de « littérature grise » (1 000 titres) : ce sont des documents non édités, dactylographiés et certains manuscrits, correspondant à des rapports de mission ou de stages, des monographies, des documents de synthèse …

Certains sont de peu d’intérêt scientifique mais de grande valeur historique.

– Les Collections de Périodiques (600 collections, 300 mètres linéaires soit environ 15 000 volumes pour une année de périodique égale à 1 volume) : elles constituent des sources d’informations de grande valeur, quelle que soit la nature ou l’esprit de la collection. Les périodiques comprennent des informations de natures diverses : articles (résultats de recherche souvent), données statistiques, informations d’ordre administratif, cours des produits, notes de lecture…

Les collections françaises sont, soit des publications éditées par des associations scientifiques ou professionnelles, des sociétés savantes, ou encore des institutions coloniales, soit des périodiques spécialisés en agronomie tropicale, soit des périodiques publiés dans les colonies françaises (Indochine, Madagascar, Afrique occidentale française…), soit encore des revues « typiquement » coloniales telles que « l’Expansion coloniale », « La Quinzaine coloniale », la « Revue internationale des produits coloniaux ».

La bibliothèque possède également de nombreuses collections de périodiques étrangers : « l’Agronomie tropicale », publiée par la Société d’études d’agronomie tropicale de Bruxelles, le « Bulletin agricole du Congo belge », publié par le ministère des Colonies de Belgique, les bulletins publiés par le Royal Botanic Garden de Kew en Grande-Bretagne, le « Philippine Agricultural Review » édité à Manille durant la présence américaine…

 – les Publications des Services officiels (1 300 titres) : ce sont les rapports qui émanent directement des services de l’agriculture des gouvernements généraux des diverses colonies. Ces rapports, notamment ceux émanant des stations d’expérimentation agricole, constituent eux aussi une source d’informations extrêmement précises sur le fonctionnement des services coloniaux, sur les moyens dont ils disposaient, sur les résultats qu’ils obtenaient, sur les objectifs qu’ils s’étaient définis. Ils permettent également de suivre le parcours d’une plante, depuis son introduction jusqu’à son développement en grande culture… ou son abandon.

 – les Documents Iconographiques (4 500) : la bibliothèque dispose d’une collection importante (plusieurs milliers) de clichés sur « plaques de verre », ou « sur papier ». Ces clichés ont été en partie numérisés et sont consultables sur la base de données « Agritrop » du Cirad.

 Une autre source iconographique provient des revues illustrées de la presse coloniale de l’époque : « La Dépêche coloniale illustrée », « Le Monde colonial illustré », … mais aussi de certaines collections de revues spécialisées, riches en illustrations.

 La Bibliothèque Historique dispose encore de nombreuses bibliographies, d’annuaires statistiques et commerciaux.

EXPLOITATION DU FONDS

Les domaines traités

Le fonds peut être consulté par trois entrées : zone géographique, production végétale, domaine d’intervention.

 Les pays et zones géographiques

 L’Empire Colonial Français s’étendait sur les régions intertropicales et subtropicales des quatre continents : Afrique et océan Indien, Asie, Océanie, Amérique.

La bibliothèque dispose également d’informations nombreuses sur les possessions territoriales des autres nations colonisatrices : Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Italie, Allemagne, Portugal, Etats-Unis, Japon.

 Les plantes

Des informations scientifiques, techniques, agroéconomiques existent à la bibliothèque sur la totalité des spéculations agricoles de la zone tropicale.

PLANTES VIVRIERES

CEREALES :

Riz , Maïs , Sorghos & Mils

LEGUMINEUSES

Arachide, Soja , …

TUBERCULES :

Manioc , Igname , Taro & Macabo

PLANTES MARAICHERES

FRUITS & AGRUMES

Agrumes, Banane , Ananas , …

PLANTES INDUSTRIELLES

PLANTES TEXTILES :

Coton , Sisal , Dah

PLANTES SUCRIERES :

Canne à sucre , Palmiers à sucre

PLANTES STIMULANTES :

Café , Cacao , Thé , Tabac

PLANTES OLEIFERES :

Palmier à Huile

PLANTES A LATEX :

Hévéa & diverses lianes à caoutchouc

AUTRES PLANTES ECONOMIQUES

Plantes à Parfum, Plantes Médicinales , …

 

 Les domaines d’intervention

Le thème principal de la bibliothèque est la mise en valeur agricole des colonies, protectorats et territoires sous mandat qui constituaient l’Empire Colonial Français.

Plusieurs domaines d’intervention peuvent être pris en compte.

1

Mise en place & Organisation des Services d’Agriculture de l’Administration Coloniale

+ organismes professionnels

2

Enseignement Technique & Scientifique Colonial

En France et dans les colonies

3

Encadrement, Formation, Vulgarisation des techniques & Diffusion de l’information

4

Travaux d’Amélioration des connaissances du Milieu

Inventaires floristiques

Cartographie & Atlas

Missions d’identification, de reconnaissance, …

Travaux Pédologiques

Etudes Sociologiques

5

Travaux d’ Acclimatation, de Recherche & d’Expérimentation

5.1

Plantes Industrielles & Commerciales

5.2

Cultures alimentaires régionales

6

Travaux d’Etudes & Projets de Développement d’une Spéculation Agricole

6.1

Techniques de transformation des produits (agro-industrie)

6.2

Amélioration des conditions de vie des Populations (cultures vivrières)

7

Etudes Economiques & Commerciales des productions

 

 

Inventaire et enregistrement du fonds

Inventaire du fonds : les bases en accès local

 L’exploitation du fonds passe obligatoirement par sa connaissance exhaustive, et donc par son inventaire.

Dans cet esprit, des bases de données en accès local ont été constituées, à partir des fichiers manuels existants (la présence effective du document référence est vérifiée), puis complétées par les références des documents localisés dans les autres bibliothèques du Cirad à Montpellier.

Ainsi, ont été créés 16 « bases-plantes » (ananas, arachide, banane, cacao, café, canne à sucre, cocotier, coton, dattier, hévéa, oléagineux, palmier, quinquina, tabac, textiles, thé) et 8 « bases-pays » (Indochine, Madagascar, Algérie, Maroc, Tunisie, AEF, AOF, Dom-Tom).

A ce jour, plus de 10 000 documents imprimés et 1 400 clichés sur plaques de verre ont été répertoriés, auxquels il faut ajouter 1 000 communications lors de congrès et 1 600 articles de périodiques.

Catalogage informatisé et alimentation de la base Agritrop du Cirad

Une partie importante du fonds de la Bibliothèque d’Agronomie tropicale et d’Agriculture coloniale a fait l’objet d’un catalogage informatisé permettant d’alimenter Agritrop, la base de données bibliographiques du Cirad consultable sur le site Internet du Cirad :

– l’ensemble des intitulés des collections de périodiques, des rapports d’activités, des actes de congrès, des atlas et des flores,

– une partie des ouvrages, des descriptifs des clichés sur plaque de verre, des documents de « littérature grise ». Les brochures, les articles de périodiques et les communications faites lors de congrès, à de rares exceptions près, n’ont pas encore été entrés dans la base.

 Numérisation des documents iconographiques

 Pour être exploités et protégés, une partie des clichés sur plaques de verre (800) et quelques images papier ont été numérisés. Un partie importante des plaques de verre (2 000 environ) restent à numériser, ainsi que certaines images papier à sélectionner.

 VALORISATION DU FONDS : ACTIONS EN COURS ET A DEVELOPPER

 Accueil du public

La bibliothèque est ouverte au public (tous les jours de 9h00 à 12h00, sur rendez-vous en dehors de ces horaires), pour permettre la consultation des documents ainsi que l’interrogation des bases de données en accès local.

 Appui documentaire

L’accès aux recherches historiques thématiques (agronomie, enseignement, législation, …) est facilité par un appui documentaire personnalisé. L’appui documentaire s’exerce aussi par la réponse aux demandes à distance : recherches de renseignements d’ordre bibliographique, biographique, scientifique, demandes de photocopies et de documents (prêt intra-Cirad).

 Participation à des expositions

Elle prend la forme de l’apport de documents, imprimés et iconographiques, et d’expertise scientifique : inaugurée à l’occasion du Salon international de l’agriculture de 2006 sur le thème du coton, la participation de la Bibliothèque Historique est reconduite au Salon de 2007 sur les thèmes du cocotier et du palmier à huile.

 Création d’un site Internet propre

La création d’un site Internet propre, ou d’un site hébergé dans un portail existant ou tout autre portail créé autour d’un thème fédérateur, est envisagée. Pour une meilleure visibilité du fonds, les bases de données thématiques, à ce jour en seul accès local, pourraient ainsi être consultables à distance.

 Travail en réseau et en partenariat

Avec d’autres bibliothèques, centres de recherche, établissements publics et organismes divers ayant des fonds de même nature, le travail en partenariat, déjà commencé, se poursuit (voir liste des partenaires en annexe).

La Bibliothèque Historique a intégré le Réseau Patrimoine du vivant et écologie en juillet 2006 : animé par l’INA-PG et constitué d’écoles d’enseignement supérieur, d’instituts de recherche et de musées, ce réseau a pour ambition de permettre de nombreuses collaborations sur les plans patrimonial et scientifique, notamment à l’occasion de la mise en place du Musée du Vivant par l’Agro Paris Tech, nouvel établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel. La bibliothèque a également adhéré au Réseau Mémoire de l’environnement en janvier 2007.

 Nogent-sur-Marne, le 26 janvier 2007

LES PARTENAIRES DE LA BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE DU CIRAD

 Académie d’Agriculture

Académie des Sciences d’Outre-Mer

Agence Universitaire de la Francophonie

Agro Paris Tech

Association amicale des anciens élèves du Centre National d’Etudes Agronomiques des régions Chaudes

Centre Alexandre Koyré, Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques (CNRS-MNHN-Cité des sciences et de l’Industrie)

Centre d’étude d’Afrique noire (Institut d’Etudes politiques de Bordeaux)

Centre d’étude des mondes africains – UMR 8171 (CNRS – Université Paris 1 – EPHE – Université de Provence)

Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille-Provence

Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration

Documentation française (La) – Centre de documentation France-Europe-Monde

Ecole des hautes études en Sciences Sociales – Bibliothèque du Centre d’études africaines (CEAF)

Ecole d’Ingénieurs Agro-Développement International (ISTOM) – Centre de documentation

Ecole Nationale Supérieure du Paysage – Centre de documentation et Potager du Roi

Fondation nationale des sciences politiques – Bibliothèque (« Bibliothèque de Sciences Po »)

Institut de Recherche et de Développement (IRD) – Centre de Bondy (Centre de documentation)

Institut National Agronomique Paris-Grignon – Service commun de documentation

Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) – Département SAE2, Unité Agropédoloclimatique de la zone Caraïbe – Documentation

Musée de Nogent-sur-Marne

Muséum national d’histoire naturelle

Office national des forêts – Documentation technique

Réseau Mémoire de l’environnement

Société des Amis de la Bibliothèque historique du Jardin tropical de Paris

Société Française d’Histoire de l’Outre-Mer

Université Paris I – Bibliothèque de recherches Africaines

Université Paris VII – Denis-Diderot, laboratoire SEDET/CNRS (UMR 2683)

Ville de Nogent-sur-Marne

Manifeste Pour une Culture de l’Environnement (1ère partie)

  Mémoire
de l’environnement

POUR UNE
CULTURE
DE L’ENVIRONNEMENT

 

 

 

 

 

 

Dominique ALLAN MICHAUD (dir.)
Sara
DESESSARD

RESEAU
MEMOIRE DE L’ENVIRONNEMENT

Edition
revue et corrigée 2003-2011

Manifeste
pour la mémoire, manifeste pour le futur
Deux
écologies, deux cultures, deux visions
Inventaire
des fonds documentaires francophones
Leçons
de l’écologie à la société urbaine et industrielle
Vers
une nouvelle solidarité


 
Nature, écologie, environnement,
développement soutenable/durable, décroissance : depuis le
XVIIIe siècle, une interrogation tourne autour des conditions
d’utilisation des ressources naturelles. Sur ces thèmes, de très
nombreux documents ont été produits, de sources privées,
associatives, officielles, de diffusion restreinte ou non (des
archives aux livres et revues d’intérêt général). C’est une
information scientifique et technique essentielle.
.
Des personnalités et des organisations veulent la rendre accessible aux chercheurs,
aux associations, aux relais d’opinion (enseignants, journalistes…), au
grand public.Ces personnalités et ces organisations ont
engagé une réflexion et des actions en vue d’un tel objectif. Elles
entendent d’abord publier un MANIFESTE
pour la conservation de la mémoire de l’environnement. Elles veulent
ensuite évaluer l’ensemble des problèmes qui se posent ; identifier
les bibliothèques, centres de ressources, archives (certaines à
sauver de la disparition), relevant de la thématique ; mettre en
place les conditions d’interrelation, pouvant aller jusqu’à une
interconnexion informatique, d’un RESEAU en préfiguration ;
rechercher en collaboration avec des institutions privées et
publiques, les moyens de mettre en place de nouveau LIEUX de
mémoire
.

.
Le présent RAPPORT a une triple fonction dans
le cadre du projet Mémoire de l’environnement :
– Expliciter la thématique
et éclairer les idées
– Identifier un certain
nombre de centres et évaluer leurs contenus
– Appeler à constituer une mémoire vivante
permettant d’appuyer les actions du présent pour construire un
FUTUR viable, vivable.

.
Le rapport  Pour une culture de l’environnement  a été réalisé sous la
direction scientifique de M. Dominique Allan Michaud,
chercheur en sciences sociales (Centre BioGéo, UMR 180 CNRS/ENS).
L’enquête sur les fonds documentaires a été effectuée par Mme
Sara Desessard
, ethnologue et documentaliste en sciences
sociales.

Un texte de M. Roger Dajoz, professeur d’écologie (MNHN)  est
présenté en postface. Ce rapport, disponible sur Internet,
ne constitue qu’un début, et appelle la mobilisation d’autres
acteurs, le développement d’autres réflexions, le lancement
d’autres actions.
Le projet Mémoire de l’environnement a réuni un comité
de pilotage représentatif dont les membres ont été
répartis entre un comité de parrainage et un conseil scientifique,
avec un comité de liaison.

Ce projet a initialement été porté par
l’Association pour la création de la Fondation René Dumont,
qui a intégralement financé les démarches, les réunions, les
travaux préparatoires, ainsi que le présent rapport.
A la fin de l’année 2003, le projet prend son autonomie avec la création du
RESEAU  MEMOIRE  DE  L’ENVIRONNEMENT
, lequel va poursuivre
les activités engagées, en collaboration avec d’autres organisations.


Le Réseau Mémoire de l’environnement peut être contacté à l’adresse
électronique suivante :
memoire.environnement@voila.fr
 


NOUS APPELONS à une
meilleure compréhension de l’histoire de la planète Terre.
Nous appelons à une connaissance de l’histoire de l’environnement
naturel et social : et même nous plaidons pour la reconnaissance
d’une culture de l’environnement.
Nous appelons à ne pas oublier ce que furent les conditions
d’organisation du monde dans lequel vit l’espèce humaine ; et à
penser à ce que seraient, à ce que seront, les conditions de la poursuite de
son existence.

Nous appelons à ne pas oublier les conditions d’organisation du milieu
de l’homme, de cette société qui finit par faire figure de nature
; à ne pas oublier ce qui en a permis le développement ; à ne pas
oublier ce qui a mis en danger tous les habitants de la planète, le
vivant même. Notre ambition est immense.

Nous appelons à la préparation d’Etats généraux de la Planète.
Que chacun puisse s’exprimer, et d’abord ceux qui écrivent sur ces thèmes
depuis des générations, et dont la parole trop souvent est confinée
dans des lieux inabordables, confisquée presque. Combien d’écrits
nous disent notre histoire, et nous restons sourds à ce message, et
nous ignorons cette mémoire. Nous appelons à sauver la mémoire de
l’environnement.Le travail sera considérable, et nous ne pouvons que l’engager,
et appeler tous ceux qui se sentent concernés à nous aider. Travail
considérable : il faut d’abord cerner le contenu général, puis les
acceptions particulières, de ce que l’on pourrait qualifier de Mémoire
de l’environnement, qui serait indispensable à une inscription
dans une culture, dans la culture.

.
Une culture de l’environnement qui ne soit pas seulement
culture de la nature, mais aussi culture de la société, culture
scientifique et technique considérée dans la succession des
innovations, interrogations, réactions et controverses. Un des
enjeux étant une éducation à l’environnement qui ne soit pas
coupée d’une histoire.La thématique est des plus étendues.

?
Nous appelons à l’expliciter, à expliquer le
vocabulaire, à confronter les choses, les idées et les mots afin
de  lutter contre la confusion, contre l’omission de certains
aspects, contre l’incompréhension qui en résulte.
Appelons-nous à un « développement durable » – ou « soutenable »
(sustainable) –, comme le veut la mode légitimée par
nombre de militants, utilisée par les institutions et exploitée par
les industriels les plus astucieux ? Nous appelons surtout à une
compréhension sérieuse des phénomènes qui ne se paye pas
de mots, qui ne se satisfasse pas de rhétorique. Si l’expression
de développement durable est aujourd’hui à l’honneur, n’est-ce
pas parce qu’elle sous-entend plusieurs politiques possibles de la
façon la moins précise ?  L’expression a un passé
dont il importe d’avoir conscience : et actuellement ni les
pouvoirs publics, ni les associations, ni les personnalités
qualifiées, malgré des efforts notables mais limités et dispersés,
et trop peu connus, n’ont pu valablement mettre au point des
instruments appropriés permettant de réunir, de préserver
durablement, et encore moins de vulgariser pour en permettre
l’accès, les éléments d’une telle mémoire. Les acteurs
associatifs et politiques eux-mêmes n’ont pu que constater
régulièrement, non sans amertume, leur échec à cet égard, au
sein même de ce qu’il est convenu d’appeler l’écologisme,
par référence à la science qu’est l’écologie.

.

Nous appelons à la diffusion la plus large des idées, qui ne soit
pas une simple dilution dans une vision générale quelque peu floue.
Nous appelons à la structuration d’une culture et à son
intégration dans la culture. Nous estimons que cette culture
intégrative des thèmes de protection de l’environnement devrait
être associée aux actions des pays francophones entre eux et en
direction du monde anglo-saxon. Faut-il que nous rappelions que les
bibliographies scientifiques de ce dernier (et d’autres sous leur
influence, même en France) oublient régulièrement nombre d’apports
français dans la plupart des secteurs ? Nous sommes favorables à
l’enrichissement du monde francophone par les apports anglo-saxons
; nous jugeons souhaitable de contribuer à l’enrichissement du
monde anglo-saxon par les apports francophones.

Nous n’appelons pas à résister à un antagonisme facile et factice
entre l’action et la connaissance : il a toujours été compris que
la seconde doive sous-tendre la première. Par contre cela n’a pas
toujours été encouragé, étant considéré comme un programme
d’application délicate, voire un idéal difficile à atteindre. Le
pire est que l’on croit parfois qu’une politique est
naturellement basée sur la connaissance alors qu’il n’en est
rien… Le pire peut être aussi d’agir sans attendre la
connaissance sous prétexte que cela ferait trop attendre… Nous
n’aurons pas le ridicule d’appeler à réfléchir avant d’agir
: il est sûr que cela va de soi. Nous avons l’ambition de
contribuer à rassembler les éléments de réflexion et à les faire
connaître afin de pousser à les faire confronter. Cela ne va pas de
soi.

Le champ est immense.
Nature/environnement,
écologie/écologisme, développement durable/soutenable,
croissance zéro / décroissance.
Que de contradictions ! Quelle pluralité

Depuis le XVIIIe siècle, une interrogation tourne autour des
conditions d’utilisation des ressources naturelles, sous plusieurs
vocables. La nature est le monde où l’homme a été amené à
vivre, l’écologie la science qui en étudie les équilibres,
l’environnement le monde construit par l’homme; le développement
soutenable désigne une étape qui combinerait les deux mondes sous
l’égide de la science, pour léguer une Terre en bon état aux
générations futures. Remonter les siècles afin d’interroger le
rapport de l’homme avec la nature, la peur de la nature, l’amour
de la nature, bref l’intérêt pour la nature, c’est le moyen de
mettre à jour les racines de la culture de l’environnement.

Nous saluons celles et ceux qui ont décidé de s’engager en un
foisonnement de textes, en un labyrinthe de pensées en quête du fil
d’Ariane qui aiderait à situer l’environnement dans la longue
histoire des faits et des idées : bref d’affronter « l’immense
et compliqué palimpseste de la mémoire » (Baudelaire). Et ce
d’autant plus que cette histoire est en cours. Que la gravité des
problèmes et l’urgence de la crise priment aujourd’hui, rien
n’est plus normal. Mais la complexité à laquelle les
sociétés modernes sont affrontées, ne pourrait-elle être
utilement éclairée par la connaissance des écrits qui auront
jalonné cette double histoire, histoire de l’exploitation des
ressources naturelles et histoire des commentaires ayant accompagné
cette exploitation ? Nous louons celles et ceux qui face à la
proclamation de l’incertitude engagent la recherche sur les traces
de quelques-uns qui ont prétendu ébranler les certitudes. Que le
projet Mémoire de l’environnement ait été d’abord appuyé et
financé jusqu’à être porté à maturité par l’Association
pour la création de la Fondation René Dumont n’est pas un hasard.
N’était-elle pas tout désignée pour l’accompagner, devant
prolonger les activités de l’agronome tiers-mondiste qui devint un
écologiste, et dont une préoccupation fut toujours l’accès le
plus large aux travaux scientifiques et aux résultats des enquêtes
de terrain pour créer les bases d’une solidarité planétaire ?
C’est l’organisation portant son nom qui a réuni un certain
nombre de personnalités professionnellement impliquées dans le
champ de l’environnement, engagées dans la recherche et/ou
intéressées à la conservation et à la valorisation du savoir.

La masse d’archives et de documentations est énorme. Sur les
thèmes précités, de très nombreux documents ont été produits,
de sources officielles, privées, associatives, à diffusion
restreinte ou non : livres, mémoires ou thèses universitaires,
rapports, périodiques, articles, dessins, photographies, films,
ainsi que des documents uniques (archives d’organismes officiels,
d’associations, de personnalités, de chercheurs). Il existe un
ensemble de connaissances sur l’évolution des sociétés
dans leur relation avec la nature, dont la collectivité se doit
d’assurer la conservation. C’est par ailleurs un ensemble de
ressources irremplaçable pour les acteurs associatifs comme pour les
acteurs politiques et administratifs, et aussi utilisable pour
transmission par des enseignants ou des journalistes ; c’est de la
culture scientifique et technique en train de se faire qu’il est
question, en une confrontation des informations, en une mise en
relation des diverses facettes de la réflexion permettant de mieux
saisir les questions liées à l’environnement humain. Le grand
public y aurait accès soit indirectement grâce aux relais d’opinion
précités, soit directement.

Nous n’appelons pas à créer la Très Grande Bibliothèque de l’Environnement.
Sans doute est-elle impossible. Il ne s’agit pas de se substituer à la
puissance publique pour des opérations relevant de la responsabilité
de la Bibliothèque nationale de France ou des Archives nationales
(CAC), avec lesquelles existent des contacts en vue d’assurer une
coordination. Il ne s’agit pas de se substituer aux nombreux lieux
de mémoire existants, public et privés, à travers la  France,
ou au-delà – sans s’interdire de susciter de nouvelles créations
–. Trois étapes nous ont semblé indispensables : identification
des lieux, évaluation des fonds, valorisation du
patrimoine. Des centres de documentation ou bibliothèques méritaient
d’être mieux connus ou reconnus  (et même pour certains
d’être tout simplement répertoriés et localisés), et de mieux
se connaître. Les deux étapes suivantes s’imposaient : mise en
interrelation de ces lieux, interconnexion de leurs
fonds. C’est ce à quoi nous travaillons, étant entendu qu’il
serait intéressant, utile, que la possibilité d’une consultation
par tous via Internet d’un réseau  informatique se double
d’une possibilité de consultation matérielle dans de grandes
villes universitaires : dans des centres ouverts à des publics
spécialisés (administratifs, chercheurs, journalistes, militants…),
ainsi qu’au grand public ; centres appelés en même temps à
participer à la coordination du réseau virtuel, et à rassembler
des documents auparavant difficilement consultables (dont des fonds
actuellement menacés de disparition car les propriétaires ne
peuvent plus en assumer la conservation) ; centres permettant de
surcroît l’accès à des documents localisés en d’autres lieux,
au moyen d’un système de consultation et de prêt de type «
échanges interbibliothèques ».

En ce qui concerne la gestion par une collectivité territoriale
d’un tel organisme spécialisé, des exemples existent. A Paris, c’est celui de la
bibliothèque publique Marguerite Durand, fonds féministe qui a
donné naissance à un centre de ressources conçu plus largement
autour de la femme. Ne pourrait-on comparer au féminisme qui a fait
sortir la question féminine d’un ghetto en en faisant un élément
de culture, le cheminement de l’écologisme ? Sur le thème de
l’environnement, un fonds départemental doublé d’un municipal,
créé en 1987 à L’Haÿ-les-Roses, chef lieu d’arrondissement du
Val-de-Marne, est aujourd’hui une bibliothèque publique de quelque
7 000 livres. Il existe aussi des exemples négatifs : deux
projets de bibliothèques municipales d’une certaine importance,
ont émergé au début des années 2000, à Paris et à Gap (Hautes
Alpes). Les deux n’ont pas abouti. Mais les milliers de documents
réunis, à Gap et à Paris, ne sont pas perdus, juste en quête
d’une volonté et d’un lieu. A côté des matériaux pour ces
deux bibliothèques à venir, s’organise déjà par ailleurs un
fonds d’archives et de documentation très important au Musée du
Vivant de l’AgroParisTech (Centre international de recherches sur
l’écologie).

.
Il faut rappeler les réponses, approbations et suggestions de nombre
des 70 organismes qui ont répondu à notre enquête (sur 200 contactés), enquête
dont le présent rapport a rendu publics les résultats. De ces centres, la
moitié était prête à constituer la trame initiale d’un réseau,
et celui-ci a effectivement vu le jour : c’est le Réseau
Mémoire de l’environnement, reconnu d’intérêt général par
l’Etat et réunissant une vingtaine de bibliothèques et centres de
ressources regroupant plus d’un million de documents sur
l’environnement. La liaison entre mémoire et prospective, qui
constituent les pôles de notre projet, est bien engagée, et
rassemble nombre de partenaires réguliers ou occasionnels. Nous
appelons à développer les initiatives et à les multiplier, et nous
nous engageons à les soutenir, notamment par l’organisation de
conférences, projections de films avec débats, journées
d’information, séminaires, colloques, susceptibles de contribuer à
leur donner davantage de visibilité.

.
Nous publions ce manifeste pour la mémoire de l’environnement,
conscients de la critique en forme d’interrogation que notre initiative
pourrait s’attirer : Conserver la mémoire… ou l’environnement ? D’aucuns
seront tentés de nous interpeller de la sorte. Nous avons déjà
répondu, et la réponse est simple : les deux. Sauver la mémoire
pour sauver l’environnement, naturel et social, de l’homme.

.

Nous appelons les individus, les associations, les institutions, à
participer à cette action qui entend apporter des éléments de
réflexion sur l’état du monde, sur ce qui y a conduit, et sur les
moyens que pourrait trouver l’espèce humaine pour s’y maintenir
une place. Nous n’appelons à la conservation que pour comprendre
le présent, pour réagir, agir, pour construire l’avenir : les
archives du passé ne sont pas toujours des archives dépassées. En
définitive, il s’agit moins d’un manifeste pour la mémoire que
d’un manifeste pour le futur.

Comité de parrainage

(en 2003-2004)

AMBROISE-RENDU Marc 
Journaliste

ANTOINE Serge
Président du Comité 21.
Initiateur de nombreuses politiques et institutions publiques en matière d’environnement (DATAR, Ministère chargé de l’Environnement…).

CORVOL-DESSERT Andrée
Directeur de recherche au CNRS (Institut d’histoire moderne et contemporaine-ENS).
Présidente du Groupe d’histoire des forêts françaises.

DENIS LEMPEREUR Jacqueline
Journaliste.

JAKUBEC Joel
Théologien et démographe.
Directeur de la collection SEBES (stratégies énergétiques – biosphère et société) aux Editions Georg(Genève).

LEBRETON Philippe
Professeur de biologie et d’environnement.

MOSCOVICI Serge
Psychosociologue.
Directeur d’études (EHESS).

PASSET René
Professeur d’économie.

THEYS Jacques
Directeur scientifique (IFEN).

TORT Patrick
Directeur de l’Institut Charles Darwin international.
Professeur (MNHN).

VADROT Claude-Marie
Journaliste.
Président de l’association des Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE).

.

ADOME Association pour le développement des outils multimedia appliqués à l’environnement
CAC Centre des archives contemporaines
CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
CNRS Centre national de la recherche scientifique
EHESS Ecole des hautes études en sciences sociales
ENS Ecole normale supérieure
JNE Journalistes – écrivains pour la nature et l’écologie (association des)
MNHN Muséum national d’histoire naturelle
MSH Maison des sciences de l’homme
UMR Unité mixte de recherche

Conseil scientifique (en 2003-2004)


ALLAN MICHAUD Dominique
Président
Chercheur spécialiste de l’écologisme (Centre BIOGEO : UMR 180 / CNRS – ENS*).
Directeur scientifique de recherches pour le Ministère chargé de l’Environnement, auteur de plusieurs ouvrages.
BATTAGLIA Valérie
Membre du conseil d’administration de l’AC-Fondation René Dumont.

BONNEUIL Christophe
Chercheur au CNRS – EHESS – MNHN
(histoire des sciences et des techniques).
BURGUNDER Jean-Luc
Fondateur de la revue Ecologie.

DAJOZ Roger
Ecologue, professeur au Muséum (MNHN).

DELACOUR Christiane
>Responsable du fonds départemental
 » Environnement, urbanisme, cadre de vie  »
Bibliothèque George Sand de L’Haÿ-les-Roses.

ESTEBAN Alexandre 
Responsable du fonds documentaire de la revue Silence, Lyon.

GIRAN Michel
Consultant environnement pour Internet.
Animateur de l’Association pour le développement des outils multimedia appliqués à l’environnement : l’ADOME a mis en place le portail Internet planetecologie.org
.

JACCAUD Thierry
Rédacteur en chef de L’Ecologiste (édition française de The Ecologist).

.
MATAGNE Patrick
Professeur à l’IUFM du Nord-Pas-de-Calais  (épistémologie et histoire des sciences).

.

MILLER Roland de
Documentaliste, écrivain, archiviste.
Créateur du fonds  » La Bibliothèque de l’écologie  » (35 000 livres anciens et modernes, 700 collections de périodiques).

NICOLON Alexandre
Chercheur, codirecteur de Nucléopolis (Matériaux pour l’analyse d’une société nucléaire), 1979.

SAMUEL Laurent
Journaliste spécialisé dans l’environnement.
Chef de service du magazine Ça m’intéresse. Membre du conseil des JNE

TRAN MINH Nicole
Bibliothécaire – documentaliste. Responsable de la bibliothèque historique du CIRAD.
Secrétaire de la Société des amis de la bibliothèque historique du Jardin tropical de Paris (antérieurement Jardin colonial, créé en 1899.)

VIGREUX Pierre
Ingénieur agronome et historien.
Responsable d’une mission au Ministère de l’Agriculture de 1993 à 2000 : conditions de valorisation des fonds documentaires des écoles du Ministère en Ile-de-France.

Comité de liaison (en 2003-2004)


Organisation, direction scientifique : Dominique ALLAN MICHAUD
Secrétariat général : Ben LEFETEY (2003), Anne LATOUR (2004)
Coordination des expertises : Nicole TRAN MINH (documentation – archivage)
Responsable des enquêtes : Sara DESESSARD
Chargé des relations avec la  Bibliothèque nationale de France et les Archives nationales (CAC*) : Pierre VIGREUX
Conseiller en informatique : Michel GIRAN

LE RME EN 2012


Président : Dominique ALLAN MICHAUD
Secrétaire général : Laurent SAMUEL
Secrétaire général adjoint : Philippe DELACROIX
Responsable des enquêtes : Sara DESESSARD
Trésorière, déléguée générale : Anne LATOUR RAULIN

.
Sur l’actuel comité de parrainage réunissant certaines des personnes citées, voir les informations ici sur le site.

Préambule / pour saisir le contenu complexe des fonds documentaires

Deux écologies – Deux cultures – Deux visions d’un environnement naturel et social
par
Dominique ALLAN MICHAUD

Ce texte est une version revue et augmentée de ceux présentés au cours de réunions spécialisées :

  • Séminaire interculturel du groupe de recherche franco-allemand sur l’écologie, Paris, Réseau international sciences sociales et environnement/OFAJ, 14 février 1994 ;
  • Colloque  « Education à l’environnement  –  Ecocitoyenneté   Cergy, IUFM,  29 novembre 1995 (communication reprise dans les Actes publiés en 1996 en collaboration avec le CDDP) ;
  • « Séminaire environnement » du groupe de recherche sur l’éducation relative à l’environnement, IR/FSU, Paris, 5 novembre 1998.

L’Environnement, champ d’intersection de disciplines ?
Les deux écologies

II – L’environnement, champ d’intersection de phénomènes culturels ?
Les deux cultures

III – L’environnement, champ d’intersection de thèmes ?
Les deux visions

> Bibliographie du texte

Qu’est-ce que l’environnement ? Science ou champ commun à diverses disciplines, pour ne pas dire intersection de celles-ci ?
Y a-t-il une conception de l’environnement qui s’impose à tous ou doit-on tenir compte d’une pluralité de représentations ?
Le fait de simplement énoncer ces questions introduit au coeur d’un débat complexe.
« L’erreur est de réduire l’écologie à l’environnement », a écrit en 1990 celui qui était alors le principal porte-parole des verts, Antoine Waechter.
« L’étude de l’environnement ne se réduit pas à l’écologie », a fait savoir en 1992 le Conseil national des programmes, sur l’éducation à l’environnement.

Comment l’environnement pourrait-il à la fois constituer un champ plus large et un champ plus étroit que celui couvert par l’écologie ? La raison de l’apparente contradiction est, on le comprend, que le mot n’apparaît pas avec le même sens dans les deux citations : l’acception militante a succédé au statut scientifique 1.

Il n’est pas surprenant que les préférences institutionnelles soient du côté de l’environnement entendu comme champ commun à plusieurs disciplines, idée qui ne manque pas de logique. Une commission d’un colloque d’enseignants, dans son compte-rendu, soulignait que beaucoup de disciplines scolaires pourraient « trouver leur place » dans l’éducation « relative à l’environnement » : physique-chimie, géographie, histoire, biologie-géologie, lettres, philosophie, mathématiques ; avec, en un autre endroit des actes du colloque, l’ajout des « facteurs sociaux, économiques, produits d’une histoire », qui peut suggérer d’autres disciplines : sociologie, économie (SNES, 1993). S’agirait-il d’enseigner l’environnement par morceaux ? Non : une collégialité avec un « maître d’oeuvre » était envisagée. Mais pour l’écologue Patrick Blandin, professeur au Muséum, « il faut donc imaginer une technique éducative telle que l’on puisse évacuer tout marquage disciplinaire »?

On devine bien les difficultés… Enseigner l’environnement sous divers aspects, soit ! Avec les apports de plusieurs disciplines, certes ! Mais le rêve d’une cohérence inter-trans-disciplinaire résiste mal à ce qui apparaît souvent comme la réalité d’un écartèlement entre disciplines, d’une appropriation multiple de l’environnement sur le mode bien connu : « l’environnement, c’est ma discipline »?

Les idées de globalisation, d’interdépendance, se heurtent à une conception cloisonnée de la réalité. Ce cloisonnement, utile pour comprendre la structure de l’univers en la décomposant, et pour en utiliser les mécanismes, pour exploiter les richesses naturelles, est en même temps néfaste pour affronter les problèmes liés à l’interdépendance des phénomènes, à la globalité de l’univers, et pour en préserver les mécanismes vitaux, pour protéger les ressources non renouvelables.

Il en résulte un souci de réévaluation de l’attitude scientifique. Ainsi, en 1993, le sociologue Marcel Jollivet et le biométricien Alain Pavé, soulignant après bien d’autres que selon les scientifiques il existe une « grande variabilité » dans le sens du mot environnement, y verront la promesse d’une « polysémie à exploiter ». Mais le « programme environnement » que ces auteurs ont eu la responsabilité d’animer au sein du Centre national de la recherche scientifique, s’il a eu plusieurs noms successifs, n’en semble pas moins avoir gardé une caractéristique gênante : sa marginalité… leur conviction qu’aux nécessités de l’analyse doit succéder la nécessité de la synthèse, et qu’il faut maintenant « réunir ce qui a été ainsi disjoint » (en insistant sur les interrelations, les interfaces), n’aurait-elle pas devancé largement la volonté des institutions ?

Environnement, environnement de quoi ?

C’est de l’état présent et à venir de ce qui est autour de l’homme que s’inquiètent les hommes, comme le soulignent justement Marcel Jollivet  et Alain Pavé. Donc du lien vital entre le monde construit par l’homme et le monde dont il est issu. Quel est ce lien ? Les écologues insistent sur les interrelations à l’oeuvre dans la nature, sur l’interdépendance de l’ensemble des êtres vivants, du  microbe à l’homme. C’est le domaine de l’écologie.

L’écologie avec un statut scientifique. Mais un néologisme de sens fait que l’écologie a aussi, désormais, une acception militante.

Comment les différencier ? Pourquoi le mot écologisme, à l’usage entériné par militants et linguistes 2 n’a-t-il pas bénéficié d’un usage courant, et est-il délaissé jusque dans le mouvement  associatif, dans le courant politique, sans compter l’expression journalistique, et même souvent la recherche universitaire ? Pourquoi encourager l’usage de la formule écologie politique, qui n’est pas sans évoquer – en pire – l’image ancienne d’un socialisme voulu scientifique ?

Il faut d’ailleurs souligner que le choix d’un mot n’est pas tout, ne saurait résoudre tous les problèmes.

Une conception cloisonnée de la réalité constitue un frein pour une appréhension scientifique globale de l’environnement. A un tel cloisonnement n’échappe pas la vision politique : le discours écologique n’a fonctionné que comme une dialectique inachevée – par juxtaposition sans synthèse – , avec des contradictions éludées plutôt que surmontées … 3 Déjà, ce serait lutter contre la confusion que de nettement séparer les problèmes scientifiques et idéologiques.

Ces quelques pages n’ont d’autre but que d’exposer les éléments généraux d’une  complexité – d’une double complexité -. Une combinaison de problèmes difficiles à appréhender et encore plus à résoudre se trouve derrière la difficulté de conception et /ou de justification d’une science et d’un militantisme se nourrissant et /ou se soutenant sans se confondre.

L’environnement,
champ d’intersection de phénomènes culturels ?
Les deux cultures

par

Dominique ALLAN MICHAUD

Il est question dans le manifeste du Réseau de sauver la mémoire pour sauver l’environnement, naturel et social, de l’homme. Qu’est-ce à dire du point de vue de la culture, c’est-à-dire de ce qui réunit des aspects intellectuels comme étant le propre d’une civilisation ?

« Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur » : telle était la ligne directrice de l’ouvrage fameux de Georges Orwell, 1984. La façon dont les êtres vivants pourront vivre au futur (ou ne le pourront pas…) dépendrait-il, dépendra-t-il, de la façon dont l’espèce humaine voudra (ou pourra) comprendre l’histoire pour agir dans le présent ? Certes, une idée de cette sorte quant au lien unissant le futur au passé fut à la base de nos questions « que l’on osera dire posées aux militants de la fin du XXe siècle par les militants de la fin du XIXe siècle » : à la base des interrogations de deux siècles sur L’Avenir de la société alternative 4. Mais entre une analyse et un programme politique… et plus encore un projet culturel, il y a un écart d’importance, une différence d’échelle. Et que pèse la plus belle des analyses d’un animalcule isolé sur la planète Terre, dans l’immensité de l’espace et l’infinie accumulation du temps ?

La crise écologique comme l’écologisme et l’environnementalisme qui prétendent l’affronter, au-delà de la science écologique qui peut l’expliquer et proposer des remèdes, l’ensemble des éléments du discours écologique, s’inscrivent dans une histoire qui n’est pas seulement du passé : la question naturelle s’inscrit dans la culture humaine, et dans cette culture, de cette culture, nous vivons. Pour ceux qui pensent, depuis le début des années 70, que l’environnement est un mot désignant non seulement le Tout de la nature, mais le Tout de la société 5, c’est de la trame même de l’existence qu’il s’agit. Mais pour les autres ? « La Terre est notre soleil », dit la publicité des supermarchés Carrefour pour vanter les produits issus de l’agriculture biologique qui se retrouvent dans leurs rayons. Est-ce à dire que les dirigeants, les salariés et les clients de l’entreprise entendent réconcilier la nature et la culture comme le voulait Pierre Fournier, inspirateur de l’écologisme : la « réconciliation de l’homme avec lui- même, avec les autres et avec le grand Tout 6»  ? Certainement pas tous, peut-on supposer… même sans aller jusqu’à la violence verbale d’un responsable du réseau Biocoop stigmatisant « la schizophrénie de ces consommateurs qui entretiennent le système qui les exploite et les abrutit ». Avant, toutefois, de regretter l’absence de l’ « alternatives appropriées », et de se refuser au repliement « par sectarisme idéologique » 7

L’environnement, c’est ce qui entoure et conditionne la vie de l’homme, de la campagne à la ville. C’est de la nature et de la culture. Admettons même le postulat  qui voudrait que ce soit de la culture de la nature humaine qu’il s’agisse : il aurait pu séduire Fournier que rebutait, par contre, la thématique de la « défense de l’environnement ».

Mais existe-t-il une culture de l’environnement, ou celle-ci ne serait-elle qu’un projet, un songe, pire : une chimère, derrière une succession d’effets de mode et d’efforts de rhétorique qui a commencé à se dessiner à la fin des années 60 ? Un discours multiple, une action militante associative puis politique, une entrée dans les institutions pour une cogestion, plus ou moins timide selon les pays, ont certes fait progresser dans les esprits, avec quelques effets dans la réalité, l’idée d’une crise écologique, et ont évidemment fait rêver – au moins quelques-uns – à la pensée d’une issue écologiste, d’une société écologique.
Une culture est-elle née pour autant ? Le succès de l’agriculture biologique n’est-il pas encore trop lié au cocktail de certaines peurs, à la peur surtout de la « vache folle » ?

Il existe une réalité : celle de l’industrialisation du monde, de l’urbanisation du monde, de l’occidentalisation du monde. La revendication d’une altermondialisation y renvoie.

Parmi les phénomènes culturels dont l’environnement semble le champ d’intersection, ceux liés au développement ne sont pas supprimés par ceux liés à la protection : l’expression seule de développement durable en est le signe. Pendant les vingt années qui ont séparé deux fameuses conférences des Nations Unies, entre 1972 et 1992, le vocabulaire avancé a évolué. 1972 à Stockholm, c’était la conférence sur l’environnement humain. 1992 à Rio de Janeiro, ce sera la conférence sur l’environnement et le développement. Au terme d’écodéveloppement de la première période 8, sera préférée dans la deuxième l’expression de développement durable. Cette dernière fait désormais florès à l’échelle mondiale. Elle a pu susciter maintes interrogations sur un possible double sens 9, mais n’est-ce pas la cause de son succès que cette situation de « concept vague » (pour reprendre la terminologie d’Abraham Moles) ? Sustainable étant le mot original des séminaires et des rapports, de 1979-1980 à 1987-1988, mieux eût valu voir populariser l’expression de développement soutenable : mais, précisément, cela n’eut pas lieu 10

La difficulté de conception d’une culture spécifique homogène de l’environnement ne doit pas être minimisée. Si l’on considère que la science, l’écologie, en serait une donnée évidente, voire une base imposée, le problème n’est pas simplifié, bien au contraire. Faut-il rappeler que l’historien américain Donald Worster, comme axe de son livre de 1977 devenu un classique, avait choisi la séparation entre science arcadienne et science impérialiste 11 ? Tout concourt à l’impression d’une dualité de culture, avec des alternances de compétition et de coopération. Devrait-on et pourrait-on aller au-delà ?

L’environnement, champ de thèmes?
Les deux visions

par

Dominique ALLAN MICHAUD

L’histoire dans laquelle s’inscrit la question naturelle n’est pas d’ordre exclusivement scientifique et technique.

Allons au-delà : oublions momentanément l’industrialisation du monde, et songeons à cette nature magique dans laquelle ont vécu nos aïeux lointains. Faudrait-il en fixer à jamais les traces dans le passé, en ignorer les traces modernes qui se laissent deviner à travers les conceptions de certaines tendances ésotériques, au nom de la nature rationnelle ? Des questions se poseraient alors pour le proche et lointain passé et pour le présent. Par exemple la Naturphilosophie ne serait-elle pas pour partie une « modernisation » du vieux thème de la Mère Nature, comme le suggérait Robert Lenoble pour qui la nature ne saurait être le « champ du seul savant », et « parle » aussi au poète, à l’artiste, au moraliste, au théologien ? « Il n’est pas facile d’arrêter la magie dans le temps », faisait remarquer le philosophe et historien des sciences pensant à un jeu prolongé de « cache-cache » entre « le rationnel et le magique» 12.

Comment  ferait-on  de  l’histoire des  idées sans  considérer   que  certaines  ont  la vie  dure – même si elles paraissent abâtardies de nos jours, même si l’opinion dominante les juge dépassées, même si elles dérangent la plupart d’entre nous ?

Revenons sur terre : oublions l’enchantement du monde, et pensons à la nature prosaïque dans  laquelle sont condamnés à vivre les contemporains ordinaires. Notons-le dès l’abord : l’environnement au sens large est souvent entendu comme une nature dans un sens restreint. Pourtant l’environnement humain n’est pas qu’une nature appauvrie ou enrichie – selon le point de vue –, c’est autre chose en vérité, une « nature » créée par l’homme en vue de son bonheur, pour son malheur diront certains… C’est l’univers de la ville, mais ce fut aussi l’univers de la campagne : cette dernière n’est qu’une nature humanisée à seule fin d’organiser la production agricole. N’aura-t-il pas fallu nourrir les villes ? C’est ainsi que l’environnement va de l’environnement naturel à l’environnement social. L’homme habite deux mondes, comme l’avait souligné le rapport préparatoire à la conférence de 1972 à Stockholm : la société et la nature. Mais une large partie du monde trouvée naturelle à la naissance d’un homme a été créée par un autre homme… La nature originelle de la planète, dont il subsiste des traces, est considérée elle-même du point de vue de l’utilité, voire de la nécessité pour l’espèce humaine : piège à carbone et productrice d’oxygène, réservoir d’une riche biodiversité… et réservoir de symboles.

L’histoire dans laquelle s’inscrit la question naturelle, nous l’avons dit, n’est pas d’ordre exclusivement scientifique et technique : et pourtant la philosophie, la littérature, l’idéologie, le militantisme, échappent souvent au plus gros thésaurus… Pour une enquête d’ailleurs intéressante rendue en décembre 2000 à la DIREN PACA, un cabinet privé, le bureau Van Dijk, avait « oublié » complètement de demander aux bibliothèques et autres centres de documentation  s’ils étaient fournis en ouvrages concernant le militantisme. Etait-ce gênant ? S’agissant d’une enquête préalable à la constitution d’un réseau documentaire régional sur l’environnement, et l’environnement physique devant constituer l’intérêt exclusif des demandeurs, sans doute pas. Ne serait-il  pas toutefois de l’intérêt général de prévoir plus largement en fonction d’intérêts plus diversifiés ?

Pour l’enquête devant établir un premier inventaire national des centres de ressources, sous notre direction, a été choisie l’optique la plus ample et la plus précise, en partant de deux grandes visions de l’environnement naturel et/ou social : la vision scientifique et technique ; la vision religieuse, littéraire, idéologique ou philosophique. Pour dire à quel point cela allait loin dans le détail afin de décliner l’environnement en fonction de ses multiples facettes, nous renverrons à la page thématique du questionnaire , reproduite ci-après. Sa mise au point 13 a représenté un tour de force, et il a fallu dans la préparation supprimer alternativement de la précision et de la lisibilité afin d’arriver à une moyenne. De la difficulté d’y répondre, nous avons entendu parler. Mais de son intérêt également, et le nombre important de réponses (70 pour 200 organismes contactés) aura montré que l’ouverture aux aspects sociaux et politiques (dans 55 fonds documentaires) n’est pas un handicap, mais une aide pour saisir la très grande richesse de l’environnement.

Deux écologies, deux cultures, deux visions, avons-nous titré : l’environnement est pluriel, et ces quelques pages veulent le faire bien saisir pour expliciter des choix et leurs raisons.

Bibliographie du texte

  • ALLAN MICHAUD (Dominique), Le Discours écologique, CEEH, Université de Genève/ Université de Bordeaux 1, 1979, 2 vol.
  • ALLAN MICHAUD (Dominique), L’Avenir de la société alternative, Paris, L’Harmattan, 1989.
  • CMED (Commission mondiale sur l’environnement et le développement, prés. Gro Harlem Brundtland), Our Common Future, Oxford Université Press, 1987 ; trad. fse Notre Avenir à tous, Montréal, Editions du Fleuve / Les Publications du Québec, 1988, 1989.
  • DROUIN (Jean-Marc), Réinventer la nature – L’écologie et son histoire, Paris, Desclée de Brouwer, 1991 ; éd. revue et corrigée, L’Ecologie et son histoire – Réinventer la nature, Paris, Champs Flammarion, 1993.
  • FOURNIER (Pierre), Y‘en a plus pour longtemps (textes choisis par Roland de Miller), Paris, Editions du Square, 1975.
  • JOLLIVET (Marcel), PAVE (Alain), « L’environnement : un champ de recherche en formation », in Natures-Sciences-Sociétés  (Recherches et débats interdisciplinaires),
    Paris, Dunod, 1993 (janvier), vol. 1, n° 1, pp. 6-20.
  • KI-ZERBO (Joseph), avec la collaboration de Marie Josèphe Beaud-Gambier,  Compagnons du soleil – Anthologie des grands textes de l’humanité sur les rapports entre l’homme et la nature, Paris, Fondation pour le progrès de l’homme / Editions Charles Léopold Mayer – La Découverte / Unesco, 1992.
  • LENOBLE (Robert), Histoire de l’idée de nature, Paris, Albin Michel / L’Evolution de l’humanité, 1969.
  • RIST (Gilbert), Le Développement – Histoire d’une croyance occidentale, Paris, Presses de Sciences Po, 1996.
  • SACHS (Ignacy), Stratégies de l’écodéveloppement, Paris, Economie et humanisme / Les Editions ouvrières, 1980.
  • SNES ( Syndicat national des enseignements du second degré), Enseigner l’environnement (Actes du colloque tenu à Paris les 15-16 janvier 1993), Paris, ADAPT, juillet 1993.
  • TORT (Patrick), sous la dir. de, Darwinisme et société, Paris, PUF, 1992.
  • TORT (Patrick), sous la dir. de, Dictionnaire du darwinisme et de l’évolution, Paris, PUF, 1996, 3 vol.
  • WAECHTER (Antoine), Dessine-moi une planète – L’écologie, aujourd’hui ou jamais, Paris, Albin Michel, 1990.
  • WORSTER (Donald), Nature’s Economy, 1977, Cambridge University Press, 1985 ; trad. fse Les Pionniers de l’écologie – Une histoire des idées écologiques, Paris,  Sang de la Terre, 1992, 1998.

Notes

1. Sur le statut scientifique, voir Jean-Marc Drouin, 1991, 1993 ; et
Patrick Tort, 1992, 1996.

2. Le Lexis Larousse de 1975 a situé vers 1970 l’apparition du
mot écologisme.

3. Comme le montrent nos travaux de recherche, menés depuis 1974. Le
mouvement est demeuré dans un brouillement idéologique qui
correspond à un syncrétisme inabouti. Depuis 1979, date à
laquelle nous proposions cette analyse qui tend, depuis sa
publication en 1989, à être de plus en plus adoptée et
reproduite, le courant politique n’aura pas progressé d’un
point de vue théorique. (Voir D. Allan Michaud, 1979, 1989.)

4. Ouvrage racontant l’histoire, le devenir de l’écologisme, l’aventure
de ses militants, des idées aux actions – (D. Allan Michaud, 1989).

5. Voir D. Allan Michaud, Le Discours écologique, 1979.

6. Voir P. Fournier, Y’en a plus pour longtemps, 1975.

7. Editorial de Biocoop Infos (été 2003) repris dans la revue Silence,
Lyon, novembre 2003, n° 303, dans un « Débat autour du commerce
équitable ».

8. Voir Ignacy Sachs, Stratégies de l’écodéveloppement, 1980.

9. Sur ces questions et sur la critique du contenu, se reporter à Gilbert
Rist, Le développement – Histoire d’une croyance
occidentale
, 1996.

  10. Malgré le choix de l’adjectif soutenable dans la traduction
française publiée à Montréal. Voir Commission mondiale sur
l’environnement et le développement, 1987.

 11. Donald Worster, Nature’s Economy, 1977 ; Cambridge University
Press, 1985 ; trad. fse Les Pionniers de l’écologie, 1992.

 12. Robert Lenoble, Histoire de l’idée de nature, 1969. Voir aussi la
belle anthologie de Joseph Ki-Zerbo, Compagnons du soleil,
1992.

13. Pour laquelle nous sommes redevables à Sara Desessard d’une assistance
technique intelligente et patiente.

Manifeste pour une Culture de l’Environnement (2003-2004)

Le Manifeste pour une Culture de l’Environnement a été rédigé en 2003-2004 par Dominique ALLAN MICHAUD (dir.) et Sara DESESSARD (Editeurs : Réseau Mémoire de l’Environnement et Fondation René Dumont).

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Le Comité de parrainage du Réseau Mémoire de l’Environnement (en date du 10 avril 2017)

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Présentation du Réseau Mémoire de l’Environnement (RME)

RÉSEAU MÉMOIRE DE L’ENVIRONNEMENT

1 MILLION DE DOCUMENTS

23 CENTRES DE RESSOURCES

 

Le Réseau Mémoire de l’Environnement est un organisme reconnu d’intérêt général par l’Etat, conventionné et subventionné par la Ville de Paris, parrainé par une centaine de personnalités notamment scientifiques. Le RME réunit plusieurs grands établissements publics et une dizaine d’associations, il regroupe une vingtaine de centres de documentation ou d’archives et de bibliothèques comprenant plus d’un million de documents sur l’environnement naturel et social. Le Réseau a été créé en décembre 2003 pour porter le Projet Mémoire de l’Environnement lancé en 2001.

 LE PROJET, LES MOYENS. Il s’agit de développer, à Paris, en Île-de-France et au-delà, l’offre de documentation, d’information et d’éducation relatives à l’environnement naturel et social, de l’histoire à l’actualité, en mobilisant le plus grand nombre d’acteurs compétents et concernés. Il s’agit en même temps de valoriser des fonds documentaires et des fonds d’archives peu exploités, et de sauver ceux menacés de disparition. Chaque année une vingtaine de milliers de documents fait l’objet de transferts. Outre des apports ou des échanges concernant une vingtaine de bibliothèques existantes, membres du RME, il a été contribué à la création de bibliothèques spécialisées (deux en préfiguration). Le Réseau a complété entre autres des fonds de la Bibliothèque nationale de France, du ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transport et du Logement ; il contribue aux archives du Centre international de recherches sur l’écologie du Musée du Vivant. Le projet est aussi de participer au débat public à partir de ces bases, et ce au moyen de diverses interventions et partenariats. Le RME est coorganisateur du Festival du livre et de la presse d’écologie, sociétaire des Editions des Récollets, et avec plusieurs partenaires, il organise chaque année plusieurs projections de films avec débats. Il produit ou coproduit, et diffuse sur son site web des films-témoignages consacrés à des personnalités de l’histoire de l’environnement.

 

LES PARTENAIRES. L’organisation culturelle et scientifique qu’est le RME a choisi de mobiliser les acteurs sociaux concernés, avec l’adhésion de grands établissements publics (AgroParisTech, Archives nationales, CIRAD, UniverScience), et d’associations dont plusieurs importantes (Centres d’animation parisiens Abbesses-La Chapelle, Collectif Coopérations Natures Sociétés, 4D), ainsi que de collectivités locales (Fond Environnement du Val-de-Marne, Ville de l’Haÿ-les-Roses). Le Réseau est partie prenante d’autres réseaux (Réseau international sciences sociales et environnement, Réseau patrimoine du vivant et écologie rattaché à un réseau international de l’ICOM-UNESCO, Ecology and Sustainable Development Network, Histecologia : réseau de recherche en histoire de l’écologie contemporaine). Il est membre fondateur de l’International Ecological Archives (Berlin, 2011).

RME/MDA (boîte n° 2) 15 passage Ramey 75018 Paris
memoire.environnement@voila.fr