Billet d’humeur : l’Autriche a élu deux fois un président écologiste !

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Alexander Van der Bellen en 2016 – photo Wikipedia

C’est par deux fois que l’Autriche a élu un président écologiste. Mais ces deux élections n’auront été séparées que de quelques mois. Et la première fois, les commentateurs n’avaient pas vraiment été surpris que des irrégularités, même mineures, aient pu faire annuler l’élection : tout le monde attendait la victoire de l’extrême droite.

Au tout début, la presse française ne s’intéressait pas du tout à cette élection. En Autriche, tous les sondages proclamaient d’avance la victoire du candidat écologiste. La date de l’élection approchant, et les sondages traduisant une remontée notable de l’extrême droite, la presse française se mit à s’y intéresser. Les deux candidats étaient plus ou moins au coude à coude. La montée de l’extrême droite en Europe, la déliquescence de la droite et de la gauche traditionnelles en Autriche faisaient l’objet de nombreux articles, et cela se poursuivra jusqu’au résultat et même au-delà. Quant au candidat écologiste, il en était fort peu question. Et surtout ce peu concernait une candidature présentée comme indépendante, même si quelques-uns voulaient bien la dire soutenue par les Verts. Quand l’écologisme était abordé à son propos, c’était pour en souligner la sagesse par rapport aux écologistes d’autres pays, et quant au programme la sagesse paraissait ne pas s’encombrer beaucoup de la crise écologique. C’était au point qu’après la victoire, un grand quotidien français consacrait une page au thème : « la victoire du candidat du centre ».

Et pourtant il fallait bien reconnaître, et parfois c’était écrit timidement, le nouveau président, Alexander van der Bellen, avait dirigé pendant des années… la formation autrichienne des Verts. Et ceux-ci étaient précisément la formation qui avait soutenu sa candidature et organisé sa campagne. La surprise sans doute était telle que le commentaire peinait à la suivre, après avoir échoué à la précéder, du moins en France puisque beaucoup de sondages autrichiens l’avaient annoncée au départ.

Une fois l’élection annulée, on aurait pu croire à un soulagement, mais ne soyons pas mauvaise langue, tant les médias ont repris de plus belle leurs enquêtes sur la montée de l’extrême droite en Autriche, et sa possible voire probable victoire à la nouvelle élection présidentielle qui devait avoir lieu le 4 décembre 2016. Nouvelle surprise, encore plus grande car pendant la journée des commentateurs mentionnaient un taux d’abstention supérieur à celui de la précédente élection (supposé jouer en faveur de l’extrême droite) : le président élu lors de celle-ci, l’écologiste Alexander van der Bellen l’emportait in fine très nettement avec 53,3 % des suffrages contre 46,7 % pour l’autre candidat (chiffres non définitifs au moment de la rédaction de ce billet).

L’écologiste van der Bellen : l’adjectif s’impose désormais avec quelque force. Et pourtant combien de commentaires insistent sur une victoire présentée comme « le choix de l’Europe et de l’ouverture » (François Hollande) : ce qui n’exclut pas que ce choix soit aussi celui de l’écologisme, mais sans doute cela mérite-t-il d’être sous-entendu. On a toutefois entendu sur un plateau de télévision, dimanche soir, Daniel Cohn-Bendit reprocher aux journalistes de n’avoir porté intérêt qu’à l’extrême droite, en l’occurrence en Autriche. Mais tout le monde le sait, c’est un provocateur ! Et il faut l’être pour oser affirmer à la télévision ce que tout le monde a pu lire et entendre en France pendant des mois. Et cela n’a pas cessé avec le résultat du 4 décembre : on continue à parler de la montée de l’extrême droite et non de ce qui a permis, en Autriche et dans de précédentes élections en Allemagne, de la vaincre. Avec des valeurs de gauche comme la solidarité et le partage, l’accueil des migrants. Il est vrai que certains ont cherché à aller plus loin, soutenant par exemple que le candidat écologiste aurait fait lui-même une campagne « identitaire » : bref comme l’extrême droite ! Ou voyant la cause de sa victoire dans le fait qu’il aurait « énormément investi dans le Web », alors que « en face, (c’était) Facebook ». Le grand absent des commentaires sur l’élection présidentielle autrichienne, ce dimanche 4 décembre 2016, c’était l’écologisme en général, et singulièrement les Verts autrichiens. Et cela pourrait bien continuer.

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Dominique ALLAN MICHAUD
(04 /12/2016)

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